mercredi 30 octobre 2013

Eve sur la balançoire : conte cruel de Manhattan - Nathalie Ferlut

Cet album relate l’ascension puis la chute d’Eve Nesbit, une jeune fille née en 1884 près de Pittsburgh. Arrivée à New York avec sa mère en 1901, elle devint rapidement la coqueluche de la presse et des annonceurs. Peinte et photographiée des centaines de fois, elle fut considérée comme la première pin-up de l’histoire américaine. Sa rencontre avec des hommes sulfureux marqua son destin tragique et après un procès retentissant en 1908 elle tomba dans l’anonymat le plus complet.

Bon, j’avoue, je me suis ennuyé. Pas qu’un peu même. L’histoire d’Eve ne m’a pas intéressé le moins du monde. Il faut dire que la jeune femme est lisse, transparente. Elle manque singulièrement de caractère. Bien sûr elle est prisonnière des mœurs de son époque, de la toute puissance des hommes et elle doit faire face à la fois au puritanisme et à une certaine forme de libertinage. Mais au final l’image renvoyée, à la limite du pathétique, m’a beaucoup dérangé. Dans une interview, Nathalie Ferlut affirme qu’il ne faut pas prendre son récit au premier degré au risque de le trouver juste froid et historique. Pour elle, il faut le considérer comme un conte pour en saisir la substantifique moelle (d’où d’ailleurs le sous-titre « conte cruel de Manhattan »). Alors certes il y a quelques éléments propres au conte (la jeune fille pure, belle et innocente, l’ogre, la marâtre, le prince charmant qui fait un passage éclair, etc.) mais la narration ne respecte en rien les codes du genre. Finalement, cette histoire, je l’ai prise au premier degré et elle n’est pour moi ni plus ni moins qu’une biographie pas franchement passionnante.

Par contre niveau dessin, c’est une belle claque. On imagine les heures voire les mois de travail nécessaires pour réaliser au pinceau les 120 pages de l’album. J’ai forcément pensé à Nadja et à ses Filles de Montparnasse mais ici les aquarelles sont plus fines, les décors, les costumes et les couleurs tellement plus précis, c’est vraiment impressionnant.

J’aurais aimé m’enthousiasmer pour cette BD. Je me rends compte à un quel point l’auteure s’y est investie, y a mis toute sa passion et son talent mais l’honnêteté me pousse à reconnaître que je suis passé à coté. Ce sont des choses qui arrivent et je crois que Mo’, avec qui je partage une fois de plus cette lecture commune, n’a  malheureusement pas été plus emballée que moi.


Eve sur la balançoire : conte cruel de Manhattan de Nathalie Ferlut. Casterman, 2013. 128 pages. 18 euros.






37 commentaires:

  1. Hmmm dommage. Il y aurait peut-être eu matière à en faire quelque chose de bien/intéressant !
    Je passe allègrement mon tour.

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    1. Je me demande si l'histoire de cette jeune fille est si intéressante que cela finalement.

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  2. Et non, pas plus emballée et pour les mêmes raisons que toi ^^ La petite Eve est agaçante. J'avais lu (sur la page Wikipedia de Evelyne Nesbit), que c'était elle qui avait convaincu sa mère de la laisser travailler en tant que modèle. Il me semble qu'une Eve de cette trempe m'aurait captivée

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    1. Elle est tellement lisse, rien ne m'a touché dans sa personnalité.

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  3. Le dessin a l'air sympathique, mais si l'histoire n'est pas à la hauteur.

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  4. Dommage, le sujet pouvait vraiment m'intéresser, moi qui aiment les pin up et New York. Mais pas les contes.

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    1. En même temps ce n'est pas vraiment un conte.

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  5. Ma PAL vous remercie tous les deux ! ;-)

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  6. Je redis ce que j'ai dit à Mo' : malgré votre peu d'enthousiasme, vous avez quand même réussi à me donner envie de découvrir cette jeune femme et son histoire. Que ce soit par cet album ou pas... ;)

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    1. Tant mieux finalement. C'est quand même un album qui a certaines qualités.

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  7. Vraiment dommage! J'aime bien les Pin-up américaines, du moins les images que j' ai vues d'elles! L'histoire de l'une d'entre elles aurait pu m'intéresser!

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    1. Si tu le trouves à la médiathèque, tu pourras toujours tenter le coup.

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  8. Vraiment dommage oui... Avec un tel sujet, j'étais prête à me précipiter dessus... Et puis les dessins ont l'air tellement magnifiques ! Tant pis...

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    1. Je te le prêterais si tu veux te faire ta propre idée^^

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  9. Voilà une chronique très honnête, c'est une bonne chose. A voir si je réussis à l'occasion à percevoir le filtre du conte....

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    1. N'hésite pas à le lire si tu tombes dessus.

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  10. Je vais vous faire confiance et passer mon tour ;)

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  11. Le résumé me plaisait bien mais ta critique m'a refroidit

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  12. Je n'aime pas les BD mais j'adore les albums et là, pouf...je m'apprêtais à noter mais non, comme toi je ne rentre pas quand les histoires sont trop niaises, pathétiquement pathos ! Dommage pour les aquarelles...

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    1. Je ne sais pas si c'est niais, j'ai juste trouvé cela sans intérêt.

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  13. dommage, les dessins ont l'air d'être magnifiques!

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  14. Dommage, le dessin a l'air somptueux, en effet !

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    1. Niveau dessin, il n'y a vraiment rien à dire.

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  15. Je savais bien que ça me disait quelque chose !
    Il y a eu un film en 1955, La fille sur la balançoire, avec Joan Collins dans le rôle titre. Du coup, pourquoi pas.

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    1. Un film, des livres... il y a eu beaucoup de choses autour de cette histoire.

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  16. Bon, j'ai parcouru ton article en vitesse car c'est une de mes prochaine lecture.

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    1. Tiens, je me demande ce que tu vas en penser.

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  17. * prochaineS lectureS c'est mieux.

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  18. Pas trop tentée ce coup-ci malgré les beaux dessins...

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    1. Les dessins sont le gros point fort de cet album.

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  19. Il est toujours dans ma PAL, j'espère adhérer un peu plus...

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