mardi 19 juin 2018

Pour toujours - Christian Demilly et Vincent Mahé

Il y a cette femme sur la couverture. Il y a ce chien qui a accompagné son enfance. Il y a cet homme rencontré à la fac qui est devenu l’amour, l’amant, le mari, le père. Il y a cet enfant  porté neuf mois, qu’elle a vu grandir trop vite. Il y a une vie qui défile avec ses joies et ses peines, ses moments clés et ses petits riens qui forment un grand tout.

Une pépite jeunesse qui sort des sentiers battus, une pépite qui s’adresse en fait à tous les lecteurs, sans distinction d’âge. La plupart des pages sont sans texte, tout est dit en images, à l’aide d’un découpage d’une grande fluidité, proche de la BD. On suit au fil des années la trajectoire de cette femme, de l’enfance au dernier jour. C’est simple, c’est beau, c’est universel.

Un album tout en émotion contenue, où les événements se passent de mots tant la force d’évocation du dessin s’impose avec une rare subtilité. Ça ressemble à une vie, ça ressemble à la vie comme elle est souvent : douce, triste, douloureuse, bouleversante ou injuste. Une vie dans laquelle passe des êtres que l’on voudrait garder avec nous pour toujours. Mais au final le temps passe, impitoyable, et il laisse derrière lui les souvenirs de ceux qui ne sont plus.



Superbe livre, touchant sans jamais être plombant, dont le rythme tranquille dégage une certaine forme de sérénité face à l’immuable destinée. Tout simplement remarquable.



Pour toujours de Christian Demilly et Vincent Mahé. Actes sud junior, 2018. 28 pages. 15,80 euros. Tout public.


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vendredi 15 juin 2018

Au bord de la terre glaçée - Eowyn Ivey

1885. Le lieutenant-colonel Allen Forrester est chargé de mener une expédition de reconnaissance en Alaska le long de la rivière Wolverine afin de cartographier le territoire et de recueillir des renseignements concernant les tribus indigènes. Accompagné des soldats Pruitt et Tillman, d’un trappeur et de guides indiens, le lieutenant a laissé au fort son épouse Sophie, sans savoir qu’elle est enceinte.

Le texte inclut cartes, dessins, photos de paysages et images d’objets de l’époque. L’histoire se découvre à la lecture, en parallèle, des carnets d’Allen, du journal intime de Sophie et des échanges épistolaires d’un de leurs descendants et d’un conservateur de musée. C’est un vrai récit d’aventure à l’ancienne qui mêle la grande aventure du lieutenant-colonel et l’aventure intime de Sophie. Le premier défriche une terre vierge de la présence de l’homme blanc, conscient que si sa mission se réalise, elle ouvrira la porte à une colonisation de masse où les indiens ont forcément tout à perdre. De son côté sa femme aspire à briser le carcan d’une société patriarcale pour gagner une forme d’autonomie et de liberté à travers sa passion pour la photographie.

Franchement, je ne m’attendais pas à être autant sous le charme d’un tel roman. C’est une superbe histoire d’amour et un hymne à la beauté de la nature sauvage qui invite à la contemplation tout en dressant le portrait d’un couple soudé malgré l’éloignement. Il y a également une surprenante dimension fantastique, étroitement liée aux croyances autochtones. C’est ainsi que l’on voit un enfant naître dans le creux d’un épicéa, que l’on retrouve les soldats aux prises avec un monstre lacustre, que des femmes se métamorphosent en oies ou que des fantômes hantent la montagne chaque nuit. Ce mélange entre fantastique et réalité, entre pragmatisme des explorateurs et légendes indiennes ne sonne jamais faux et fonctionne au final à merveille (à mon grand étonnement !).

Un pavé très « romanesque », traversé par le souffle d'une épopée digne des grands pionniers de l’Amérique. Et une excellente surprise en ce qui me concerne tant, à la base, je ne suis pas un adepte de ce genre de récit.

Au bord de la terre glaçée d’Eowyn Ivey (traduit de l’américain par Isabelle Chapman). 10/18, 2018. 540 pages. 19,90 euros.

mercredi 13 juin 2018

Rat et les animaux moches - Sibylline, Capucine et Jérôme d’Aviau

Rat n’en peut plus de vivre dans la maison de la mère Patate. Alors qu’il aspire à une existence tranquille sans embêter personne, elle ne cesse de le tourmenter et de le chasser avec son balai. De guerre lasse, Rat prend une grande décision : son balluchon sur le dos, il quitte la maison. Après une longue errance, après avoir constaté qu’il n’est nulle part le bienvenu, Rat arrive au « Village des animaux moches qui font un petit peu peur ».  Il y trouve rapidement sa place mais il se rend compte que ses congénères, rejetés à cause de leur apparence, souffrent beaucoup de la situation. Prêt à tout pour les aider, Rat se démène pour tenter de les rendre heureux.

Une BD à la frontière du livre d’images, à la fois conte et fable animalière. Les dessins ont le charme des gravures d’antan avec leurs textes superbement calligraphiées, non pas dans des bulles, mais sous chacun d’eux. L’histoire est rondement menée, éloge de la bienveillance et célébration de l’amitié. La figure du méchant, incarnée par un « Caniche Royal de la Grande Lignée Bien Coiffée », est ridiculement drôle.

Comme dans toutes les fables il y a plusieurs niveaux de lecture et les différents sujets abordés contenteront tous les publics. La magie du récit tient ici dans l’inventivité graphique de Jérôme Aviau et la variété infinie d’une galerie d’animaux moches particulièrement attachants. Un bel objet-livre pour une jolie variation autour du regard des autres et de la tolérance.

A noter qu’une version audio est disponible en streaming ou en téléchargement et que le livre contient des bonus en réalité augmentée que l’on peut faire apparaître à partir d’un smartphone.

Rat et les animaux moches de Sibylline, Capucine et Jérôme d’Aviau. Delcourt, 2018. 206 pages. 20,00 euros.





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mardi 12 juin 2018

Pëppo - Séverine Vidal

Pëppo. Drôle de prénom pour un drôle de garçon, lycéen vivant avec sa sœur Frida et les jumeaux de cette dernière dans une caravane, sur le camping en piteux état de leur oncle. Un gamin fan de surf et de skate qui passe ses journées à buller, se balade à vélo et chaparde quelques trucs à droite à gauche pour améliorer l’ordinaire. Jusqu’à ce matin où, au réveil, il tombe sur un mot griffonné par Frida lui annonçant qu’elle s’en va pour quelques temps. Pëppo n’en revient pas. Le voilà seul avec deux nourrissons, lui qui ne sait ni faire chauffer un biberon ni mettre une couche dans le bon sens.

Décidément, Séverine Vidal ne cessera jamais de me surprendre. Après l’humour de La drôle d’évasion et l’émotion de Nos cœurs tordus (écrit à quatre mains avec Manu Causse), elle change à nouveau de registre avec ce très beau roman d’initiation qui aborde, le temps d’un été, le passage de l’insouciance à la maturité, du j’menfoutisme  aux responsabilités. Pëppo se retrouve chargé de famille malgré lui. Pëppo a peur, Pëppo est terrorisé. Mais Pëppo va faire face, parce qu’il n’a pas le choix. Sans moyens, sans expérience, à l’intuition. Et Pëppo va s’attacher à ces jumeaux auxquels il n’avait jamais porté la moindre attention, à tel point qu’il ne savait même pas les différencier.

Un texte lumineux, peuplé de rois de la débrouille, d’une vieille peau acariâtre, d’un guitariste argentin, de bébés dodus, d’une boutonneuse au sourire ravageur et d’une Bibiche permanentée. Un texte qui déborde d’amour et de bonne humeur malgré les coups durs, malgré le quotidien difficile et l’avenir incertain. C’est tendre et plein d’humanité, ça réchauffe les petits cœurs tout mous et ça fait un bien fou. Que demander de plus ?

Pëppo de Séverine Vidal. Bayard, 2018. 176 pages. 13,90 euros. A partir de 12 ans.





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vendredi 8 juin 2018

Le chemin s’arrêtera-là - Pascal Dessaint

« Les pauvres gens, par nature, sont innocents. »

C’est une bande de terre perdue entre la mer du Nord et les raffineries. Une bande de terre coincée entre le monde sauvage et le monde industriel. Sur cette bande de terre vivent Jérôme, Cyril, Louis, Mona et Wilfried. Des ouvriers mis au rebut, des ados en perdition, des travailleurs précaires. Dans ce monde de laissés-pour-compte on habite une cabane déglinguée envahie par le sable où une caravane rouillée posée entre les dunes. On s’isole dans un entre-soi  où la nature humaine révèle parfois ses aspects les plus sombres et les plus malsains. On vit à la marge entre gens de peu de mots, entre gens frustes et sans illusion. On ne se plaint pas, on prend les choses comme elles viennent, on s’occupe comme on peut, on fait avec les moyens du bord.

J’ai adoré ce roman choral parlant de misère sans misérabilisme, ce roman noir débordant d’humanité dans une langue d’une magnifique concision, ce roman qui offre une  parole aux invisibles, ce roman qui dit un monde à l’agonie, une région rongée par la paupérisation galopante de sa population. Ici on ne juge pas, on ne minimise rien, on ne caresse personne dans le sens du poil. Chacun raconte son histoire, donne son point de vue, exprime son ressenti. C’est cash, lyrique, âpre, cruel, ou violent, drôle aussi parfois. On s’enlise, on glisse, on dérape, on se relève et on retombe. On n’est pas des saints, on traîne de douloureuses casseroles et on avance comme on peut. Pas à pas. Jusqu’au bord du gouffre…

Un grand merci à Emma qui a eu la gentillesse de m’offrir ce roman dédicacé par l’auteur. Ce fut l’occasion  pour moi de découvrir un écrivain dont la veine sociale très marquée ne pouvait que m’enchanter.

Le chemin s’arrêtera-là de Pascal Dessaint. Rivages, 2016. 255 pages. 8,00 euros.

mercredi 6 juin 2018

Manuel du Dad (presque) parfait - Nob

Dad est le père célibataire de quatre filles. Autant vous dire que son quotidien est mouvementé. Ses pépettes allant du nourrisson à la grande ado, les problèmes qui se posent à lui sont chaque jour aussi nombreux que différents. Alors quand ce papa donne des conseils, on a envie de l’écouter attentivement. Sauf que malgré sa bonne volonté, Dad démontre surtout qu’être parfait ne sert à rien. Souvent on improvise, souvent on se débrouille comme on peut, souvent on se trompe, souvent on veut faire bonne figure en toutes circonstances alors que parfois baisser les bras serait plus simple.

Bon, en toute modestie, je n’ai pas appris grand-chose vu que je suis moi-même le Dad parfait de trois filles. Blague à part, les différentes rubriques sont bien trouvées : l’éducation, la psychologie, les loisirs, la communication ou les fêtes de famille, autant de sujets où les relations parents/enfants peuvent être sources de conflits. Dad constate les choses plus qu’il ne donne de véritables conseils. Et ses réflexions, sans grandes surprises, sont dans l’ensemble pertinentes. Oui, les fêtes d’anniversaire à la maison avec les copines, c’est pénible. Oui, les enfants sont fatigants. Oui, les devoirs sont une corvée, même pour les parents. Oui, on apprécie follement ces trop rares moments de calme où les enfants dorment ou sont absents.

J’ai aimé les pages montrant comment Dad se voit et comment ses filles le voient (parce que je crois que c’est pareil à la maison). J’ai aimé les réflexions sur le langage adolescent qui reste souvent mystérieux pour qui n’en possède pas les codes et sur le ridicule des parents utilisant ce langage dans un élan de complicité qui finit toujours par tourner au ridicule (quand j’ai dit l’autre jour à ma grande fifille que j’avais le seum devant une de ses copines, elle a eu du mal à s’en remettre !).

Un manuel rigolo qui sent le vécu, qui m’a parlé sans doute parce que je me suis retrouvé dans bien des situations mais qui possède aussi un petit quelque chose d’universel pouvant plaire au plus grand nombre. Et pour ma part je valide sans réserve sa conclusion selon laquelle, s’il n’existe aucune formule magique pour élever nos enfants, la seule chose important vraiment est qu’ils ne doutent jamais qu’on les aime.

Manuel du Dad (presque) parfait de Nob. Dupuis, 2018. 72 pages. 10,95 euros.





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mardi 5 juin 2018

Amir et Marlène : Coup de foudre en 6e - Ingrid Thobois et Gaël Henry

Quand, la veille de la rentrée en sixième, sa mère lui annonce qu’elle l’a inscrite dans un autre collège que celui où elle devait aller, Marlène n’en revient pas ! Tout ça parce que ce collège a de biens meilleurs résultats au brevet et que le principal est une copine de sa maman. Pour Marlène, le coup est rude à encaisser. Non seulement elle va devoir prendre le car tous les jours mais en plus elle va se retrouver dans un environnement inconnu sans un seul ami.

Les premiers pas dans son nouvel établissement tournent au drame. Elle se perd dans les couloirs et arrive en retard en cours sous les moqueries de ses camarades qui la traitent de baleine. Ces débuts cauchemardesques vont heureusement être oubliés quelques jours plus tard lorsqu’Amir, « le plus beau garçon de la terre », franchit le seuil de la classe. Marlène tombe raide dingue amoureuse de ce réfugié Syrien au français balbutiant, mais elle n’est pas la seule à vouloir s’attirer ses faveurs…

Une vraie bouffée de fraîcheur cette Marlène ! Malgré un physique « difficile », une meilleure amie traitresse, une mère surprotectrice et un grand frère pénible, elle affronte l’adversité bille en tête avec humour et franchise. L’histoire d’Amir est par ailleurs touchante et sa rencontre avec la jeune fille est mise en scène avec beaucoup de finesse. Entre éveil à l’amour et réflexion sur l’intégration des migrants, voila encore un roman jeunesse positif, qui prend la vie du bon côté sans mettre sous le tapis les difficultés et les coups durs. Franchement, ça fait du bien !

Amir et Marlène : Coup de foudre en 6e d’Ingrid Thobois (ill. Gaël Henry). Sarbacane, 2018. 240 pages. 10,90 euros. A partir de 9-10 ans.




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vendredi 1 juin 2018

Braconniers - Tom Franklin

Dans les nouvelles de Tom Franklin la chaleur humide des marécages d’Alabama vous colle à la peau. Dans les nouvelles de Tom Franklin on se réveille au petit matin dans son pick-up avec une gueule de bois carabinée en se demandant ce qu’on a fait la veille. Dans les nouvelles de Tom Franklin le mâle blanc, pauvre et sans emploi, vient de se faire plaquer par sa nana ou va l’être incessamment sous peu. Dans les nouvelles de Tom Franklin on se retrouve dans un bar sombre et enfumé une bière à la main pendant que la voix pleine de gravillons de Calvin Russell sort d’un jukebox. Dans les nouvelles de Tom Franklin on pointe à l’usine, on pêche à la dynamite, on tue les chatons à la carabine, on offre un flingue à l’ami suicidaire ou on part vers l’Alaska.

Forcément, dans les nouvelles de Tom Franklin, je suis comme un poisson dans l’eau. Parce qu’il raconte des histoires d’hommes tristes à pleurer, cruelles, mélancoliques. Parce que son style est direct, sans chichi. Parce qu’on ne donne pas dans l’intime ou la psychologie de comptoir, parce qu’on ne cherche pas le salut ou la rédemption, parce qu’on accepte sa condition sans se faire d’illusion.

Cet ouvrage, réédité pour la première fois vingt ans après sa première publication, vous cueille comme un uppercut à la pointe du menton. La qualité va crescendo et les premières nouvelles, plutôt courtes, sont suivies par des histoires plus longues, plus denses, plus intenses, jusqu’au feu d’artifice final offert par le texte éponyme (près de 100 pages à lui tout seul) qui clôt les débats en apothéose. Aucune fausse note donc, pour ce recueil impressionnant de maîtrise et de puissance.

Braconniers de Tom Franklin (traduit de l’américain par François Lasquin). Albin Michel, 2018. 275 pages. 20,00 euros.



Ce billet signe ma seconde participation (avec un jour de retard !)
au challenge Mai en nouvelles de Marie et Electra







mercredi 30 mai 2018

Godman : Au nom de Moi - Jonathan Munoz

Dieu est amour, soit disant. En fait Dieu est un ado rouquin buveur de bière. Dieu s’appelle Charles et c’est un pervers j’menfoutiste totalement égocentrique. Son prochain, il s’en tamponne royalement, sauf quand il a besoin d’une demoiselle pour assouvir ses (gros) besoins sexuels. Pire, son prochain lui casse les pieds tant il l’empêche de se la couler douce. Impossible pour lui de sortir incognito, chacune de ses apparitions déclenchant des émeutes provoquées par ses ouailles en pamoison. Les Carlistes (c’est ainsi que sont nommés ses adeptes) le vénèrent et Charles voudrait juste qu’ils lui foutent la paix. Quand une journaliste dont la petite sœur a disparu lui demande de l’aide sans savoir qui il est, Charles l’accompagne. Pas par altruisme évidemment, mais juste parce que la demoiselle est jolie et qu’il pense pouvoir la peloter à sa guise… 

On ne va pas se mentir, vu le postulat de départ, je m’attendais à plus trash. C’est surprenant, décalé, provocateur mais en même temps on est souvent dans la retenue, comme si Jonathan Munoz avait mené son récit avec le frein à main. Le Créateur qui débarque sur terre en étant aussi détestable, ça aurait pu donner lieu à des dérapages incontrôlés bien plus dévastateurs. Après, la critique des fous de Dieu prêts à tous les excès au nom de leur religion se révèle limpide. Et c’est sans aucun doute l’aspect le plus important pour l’auteur. Les croyants version Munoz sont des masses décérébrées comparables aux fans hystériques de stars de la pop (ou aux ultras des clubs de foot, c’est au choix). Des fans idolâtrant un Dieu qui les ignore et les méprise, un Dieu qui se moque de leur bêtise crasse et qui leur pisse dessus (cf. la couverture), c’est toute l’ironie de l’histoire. Et clairement l’aspect satirique que j’ai le plus apprécié. 

Le dessin est sympa et dynamique, une ligne claire semi-réaliste sans grand relief mais qui donne dans l’efficacité. Un album qui vaut le coup d’œil pour son point de départ original mais dont le traitement aurait pu être selon moi plus radical. Surtout que Jonathan Munoz a déjà montré de quoi il était capable dans ses albums précédents, notamment l’adaptation du roman « Un léger bruit dans le moteur » de Jean-Luc Luciani. Une demi-déception on va dire…

Godman : Au nom de Moi de Jonathan Munoz. Fluide Glacial, 2018. 48 pages. 14,50 euros.




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mardi 29 mai 2018

Mon cœur en confettis - Fanny Vandermeersch

Les parents qui divorcent et c’est l’effet domino pour Axelle dont tout l’univers s’écroule : un déménagement, un beau-père, une meilleure amie qu’elle ne verra plus et un changement d’établissement en pleine année scolaire, ça fait beaucoup. Surtout que les premiers pas dans son nouveau lycée sont cauchemardesques. En plus de se ridiculiser le jour de la rentrée, un pion et son prof de français la prennent en grippe, sans parler d’Alicia, une peste qui pourrait faire de sa vie un enfer. Et puis il y a Yacine. Elle est tombée nez et à nez avec lui un matin en sortant de sa chambre. L’apparition de ce beau brun ténébreux, aussi surprenante qu’inexplicable, l’a perturbée au plus haut point…

Purée, une comédie romantique pour ados, au secours ! Voilà ce que j’ai pensé en ouvrant ce petit roman à la couverture girly. Mais j’ai vite compris que la guimauve ne serait pas de mise. D’ailleurs, au-delà de l’histoire d’amour entre Axelle et Yacine, le texte s’interroge davantage sur la difficulté à trouver sa place pour une jeune fille qui perd ses repères de manière brusque. Difficulté de prendre ses marques, d’appréhender un nouvel environnement, de créer des liens avec des camarades qui, au mieux vous ignorent, au pire vous cherche des crosses.

J’ai aimé la fragilité d’Axelle, ses doutes, son manque de confiance en elle et en même temps sa capacité à aller de l’avant, à encaisser des coups sans jamais s’écrouler totalement. Loin du drame, ce cœur en confettis délivre un message positif et montre qu’un nouveau départ compliqué n’est pas forcément synonyme de naufrage à venir. Il suffit parfois d’avoir la tête sur les épaules et d’être bien entouré. Un roman qui trouvera à coup sûr son public tant son héroïne, simple et attachante, apparaît comme une parfaite copine que bien des ados aimeraient avoir.

Mon cœur en confettis de Fanny Vandermeersch. Ravet-Ancenau, 2018. 124 pages. 13,00 euros. A partir de 13 ans.



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