samedi 26 janvier 2013

Les délices de Turquie - Jan Wolkers


Wolkers  © Belfond 2013
Dans la Hollande de la fin des années 60, le narrateur, peintre et sculpteur sortant à peine de l’école des beaux arts, raconte son histoire d’amour incandescente avec Olga. Cette rousse incendiaire rencontrée un peu par hasard qui deviendra sa femme, le quittera pour un autre et qu’il ne cessera jamais d’aimer. Olga la fille de bonne famille, attirée par l’artiste bohème, qui se lassera de ses exubérances et de son insatiable appétit sexuel. Un récit sulfureux et tragique dont personne ne sortira indemne. Une véritable histoire d’amour, quoi.    
      
Un roman qui connut un succès phénoménal au moment de sa sortie en 1969. Le texte est cru, d’un érotisme sans retenu, volontairement provocateur. Pour preuve, les toutes premières lignes : « J’étais vraiment dans la merde depuis qu’elle m’avait plaqué. Je ne travaillais plus, je ne mangeais plus. Toute la journée je restais allongé entre mes draps sales et je collais le nez sur des photos d’elle à poil, si bien que je pouvais m’imaginer voir frémir ses longs cils surchargés de rimmel lorsque je me branlais. » Le reste est du même tonneau. J’aime cette langue à l’étonnante liberté de ton. Les délices de Turquie est en quelque sorte un roman de mœurs. Jan Wolkers crache à la gueule de cette société protestante et pudibonde qu’il exècre. La relation vénéneuse entre l’artiste et la fille de notables permet de clouer au pilori la bourgeoisie néerlandaise dont il dresse un terrible portrait à travers la figure de la belle mère. Pour autant, le narrateur n’est pas exempt de reproches. Son machisme, sa libido incontrôlable, son incapacité à reconnaître ses erreurs en font un sale gosse agaçant en diable. Reste Olga, fleur fragile qui n’aura de cesse de se faner, femme fatale se consumant à petit feu avant de disparaître définitivement. 
                     
L’histoire en elle-même n’a rien d’original. L’intérêt majeur tient dans cette peinture sociale sans concession à une époque où la littérature pouvait encore scandaliser dans les chaumières. Ce titre inaugure la nouvelle collection « Vintage » des éditions Belfond qui se propose de redonner vie à des livres cultes devenus introuvables. Parmi les prochains romans à paraître sous ce label, Le bâtard d’Erskine Caldwell (en avril), Les femmes de Brewster Place de Gloria Naylor (en mai) et Crazy Cock d’Henry Miller (en septembre). A noter pour finir que Les délices de Turquie a été adapté au cinéma par Paul Verhoeven en 1973.     

           
Les délices de Turquie de Jan Wolkers. Belfond, 2013. 246 pages. 17 euros. 


Ce billet signe ma 1ère participation au
challenge Voisins Voisines de Anne

24 commentaires:

  1. J'ai repéré cette nouvelle collection au Furet du Nord. Et tu inaugures l'entrée des Pays-Bas dans les Voisins voisines 2013, c'est bien pour ce petit pays !

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    1. C'est la première fois que je lis un auteur des Pays-Bas !

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  2. Excellent !! Voilà qui me changera !!

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    1. C'est pas le texte qu'on lit tous les jours en effet.

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  3. évidemment ça choque moins aujourd'hui , mais du coup il reste quoi?
    je ne sais pas trop si je lirai ce livre.
    J'ai du mal quand la langue est vulgaire juste pour être vulgaire ;
    Ce qui n'est peut-être pas le cas de ce livre... je ne sais trop
    Luocine

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    1. Il reste la photographie d'une époque prise en temps réel, c'est déjà pas mal^^
      Après c'est sûr que si tu as du mal avec le vulgaire, tu peux passer ton chemin, ce titre ne te conviendra pas.

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  4. Je ne pense pas le lire et ne l'inscris pas. Je n'ai jamais entendu parlé de ce succès littéraire.

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    1. Moi non plus je ne savais pas que ce roman avait été un tel succès ni qu'il avait été adapté au cinéma d'ailleurs.

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  5. Excellente idée que de ré-éditer d'anciens textes.

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    1. Oui, sur le principe, c'est une très bonne idée jetrouve.

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  6. Je te rappelle que nous sommes dimanche et pas mardi ! Petit coquin, va !

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    1. T'as remarqué aussi qu'un seul mardi par mois ne me suffit plus ;)

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  7. J'adore l'idée de redonner vie à des livres oubliés...

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    1. Oui Belfond a eu une bonne idée. Maintenant il faut voir ce que valent les autres titres.

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  8. J'ai commeun doute affeeux qui m'étreint quand je vois comment j'avais réagi face au "Montespan"....

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    1. Je te confirme qu'à mon avis ce titre n'est pas pour toi.

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  9. J'avais repéré un article sur cette collection de rééditions. L'idée est bonne, même si rien ne me tente énormément pour l'instant.

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    1. Parmi les autres titres annoncés, je pense que je vais me laisser tenter par Le bâtard de Caldwell.

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  10. Chouette initiative de Belfond ! Je n'avais jamais entendu parler de ce titre mais ça a l'air de valoir son pesant de cacahuètes !!

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  11. Je sais pas trop. Je ne suis pas plus tentée que ça.

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    1. Je me doutais que tu ne serais pas enthousiaste à propos de ce roman ;)

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  12. Pas trop mon truc ça, je ne suis pas assez curieuse pour tenter.

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    1. Je te comprends, c'est quand même assez spécial.

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