lundi 2 mars 2015

Nu intérieur - Belinda Cannone

C’est l’histoire d’un homme en plein démon de midi qui s’entiche d’une jeunette dont il va tomber amoureux. Un homme qui ne veut pas choisir entre celle qu’il appelle « L’Une », son « officielle » qu’il adore et à qui il trouve toutes les qualités de la terre, et Ellénore, « l’autre », celle qui le rend fou de désir. Avec elle il se consume corps et âme et il finira par se brûler les ailes, forcément.

Je vous la fait courte parce que le roman est court mais aussi parce qu’il m’a prodigieusement agacé. Le narrateur est un architecte imbuvable au comportement que je qualifierais « d’hautement baffable ! ». Un gars d’une mauvaise foi épouvantable qui va morfler et c’est bien fait pour lui. Emporté pas la passion, il s’invente une bonne conscience pour justifier son infidélité mais aucun de ses arguments ne tient la route. Et si, pendant un temps, il exulte et pense gagner sur tous les tableaux, plus dure sera la chute… Belinda Cannone s’amuse à faire souffrir, c’est une évidence. Elle lui donne ce coté geignard de supplicié permanent qui ôte au lecteur toute envie de le plaindre. Ellénore le saoule de plaisir puis l’ignore alors que lui voudrait davantage de sentiment. Elle le tient en son pouvoir, le torture, l’humilie… et lui s’inflige mille morts pour tenter de la séduire alors que la cause est perdue d’avance et que leur relation se réduit à des ébats torrides. Au final il va tout perdre, c’était couru d’avance…

L’histoire n’a même pas suscité de ma part un intérêt poli. Ok, les femmes mènent le bal et les hommes, ces poltrons, sont faibles et lâches, tu parles d’un scoop ! J’ai aussi eu beaucoup de mal avec l’écriture, pleine d'afféterie, d’effets de style et d’une préciosité que j’abhorre. Un personnage qui, au cours d’une discussion, déclare « Ah, soupirai-je, mélancolique, si au moins j’étais sûr qu’un jour on se débarrasse du souhait d’intensité et qu’on entre dans la paix étroite d’une vie plus parcimonieuse », c’est trop pour moi, vraiment !

Je me demande parfois pourquoi je m’inflige des lectures pareilles. J’aurais peut-être besoin d’une petite psychanalyse pour y voir plus clair (quoique…).

Nu intérieur de Belinda Cannone. L’Olivier , 2015. 137 pages. 15,00 euros.











50 commentaires:

  1. Mmm maso sur les bords? Ton post m'a bien fait rire. Ce roman m'intriguait. Maintenant, c'est certain, je vais passer mon tour!

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  2. Hahaha une chronique très drôle :p
    Je ne lirai pas ce livre c'est sûr ^^

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  3. Rien que ces histoires de types qui vont voir ailleurs si l'herbe est plus verte, je fuis!

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    1. Moi ce n'est pas un sujet qui me rebute.

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  4. Ce roman a tout pour me plaire ! (ha ha)

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  5. Heureusement que ce n'est pas toujours les mêmes qui se trompent dans leur choix de lecture!!! C'est chouette quand t'es en rogne :)
    J'ai dû chercher afféterie dans le dico.

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    1. Je ne suis pas en rogne, mais presque ;)

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  6. Tu m'as fait rire là ! De toute façon il ne m'aurait pas tentée, j'en ai soupé de ce thème là.

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    1. Sûr que ce n'est pas un thème très original.

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  7. C'est "vide intérieur" plutôt que "Nu intérieur" alors?

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  8. Le titre était beau mais je m'arrêterai là ! J'ai bien ri aussi :D

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  9. J'adooooorrrrrreeee ta chronique !!! Et si j'oublie déjà le titre de ce roman, j'aurais passé quelques minutes joyeuses grâce à toi !

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    1. C'est toujours ça de gagné alors ;)

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  10. Moi, les histoires d'hommes qui vont voir ailleurs ne me font pas fuir. Par contre, ce qui me fait fuir, c'est le noir et blanc. L'homme lâche aux mains d'une femme qui le fait souffrir, ça sent un peu la psychothérapie de l'auteure par l'écriture, non?

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    1. Clairement, je pense que l'auteure a des comptes à régler.

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  11. On sent l'agacement dès la première ligne de ton post !

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    1. Je ne suis pas trop vilain non plus ;)

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  13. et bien oui, quelle idée de s'infliger ça ? La vie est bien trop courte ! ;)

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  14. Déjà que le thème est d'une banalité affligeante, si le style et le traitement ne viennent pas relever, j'imagine le résultat ! Et comme toi, l'affèterie pompeuse me sort par les yeux ! Je passe sans remords ! :)

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    1. Tu peux passer sans remords je pense.

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  15. Haha, à la lecture des premières lignes, je savais que ce ne serait pas pour moi (même pas pris le temps de m'emparer du bouclier au cas où^^). Typiquement le genre de récit qui pourrait m'agacer. Mais moi je le sens et je m'en écarte d'office. Trop à lire, même si c'est court.^^

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    1. Non, pas besoin de ton bouclier sur ce coup-là ;)

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  16. C'est le genre de titre, j'y serais allée les yeux fermés, bon maintenant, je ne risque pas de le lire !

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    1. Ben moi j'y suis allé les yeux grands ouverts. A tort...

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  17. On devrait inventer une échelle du potentiel "baffable" de certains personnages.
    Quant au "souhait d'intensité" et à la vie "parcimonieuse"... no comment!

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    1. no comment, non. J'aurais pu m'abstenir de faire un billet d'ailleurs.

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  18. Tu n'en apprécieras que mieux les lectures à venir !!

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    1. C'est ça. Et celles en cours, je les apprécie beaucoup plus.

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  19. rha la la, la joie des romans français et des affres conjugales. j'ai l'impression vraiment que c'est le fond de commerce du moment, les états d'âmes maritaux et sexuels des occidentaux qui se regardent le nombril. Je dis ça, je dis rien, (mais j'adore ce genre de méchants billets - parce que j'ai un mauvais fond). J'espère que l'auteur ne passera pas par chez toi.

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    1. Han, mais je ne suis pas méchant ! Sincère et objectif plutôt ;)

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  20. Beurk beurk beurk... Je pars en courant ! ^^

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    1. Ah bon, t'es sûre que tu ne veux pas tenter ?

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  21. et bien comme ça au moins on sait ce que l'on doit éviter ! hihi

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    1. Ce n'est que mon point de vue remarque ;)

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  22. Je vais l'éviter celui-ci, rien qu'à lire ton article, il m'agace ^^

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  23. Bon ben ça c'est fait! De Belinda Cannone, j'avais beaucoup aimé Entre les bruits... sur la rumeur du monde.

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    1. C'est le premier d'elle que je lis, et je crois que ce sera le dernier !

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  24. Bon, ce roman aura le mérite de nous mettre d'accord, il est raté.
    Je ne comprends pas qu'un roman sur le désir soit aussi froid et pompeux.
    Mais merci, c'était vraiment gentil de me faire cadeau de ce roman.

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    1. Tu ne le considères pas comme un cadeau empoisonné, c'est déjà ça ! Mais clairement, il est raté ce roman !

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