mercredi 16 juillet 2014

J'ai pas volé Pétain mais presque... - Bruno Heitz

Une tante qui passe l'arme à gauche et Jean-Paul se retrouve à la tête d'un petit héritage et de six garages à Nancy censés lui assurer, dixit le notaire, un excellent rendement locatif. Sauf qu'un des garages est vide et qu'il va falloir lui trouver un nouveau locataire. Coup de bol (quoique), Gérard, un flic croisé par Jean-Paul dans sa mésaventure précédente, lui propose un client idéal : Maître Lamblin, à la recherche d'un box pour y stocker quelques affaires. Des affaires qui ne sont rien moins que le cercueil du maréchal Pétain, dont l'avocat rêve de rapatrier la dépouille à Douaumont, nécropole des poilus de Verdun. Embauché par Gérard pour convoyer le maréchal (ou ce qu'il en reste) de l'île d'Yeu jusqu'en Lorraine, Jean-Paul refuse dans un premier temps avant de céder devant les arguments de la pulpeuse secrétaire de maître Lamblin. Une faiblesse qui, comme d'habitude, lui vaudra les pires ennuis.

Après « J'ai pas tué de Gaulle, mais ça a bien failli » et « C'est pas du Van Gogh mais ça aurait pu », revoilà le naïf et un brin couillon anti-héros de Bruno Heitz embarqué dans un délirant enlèvement post-mortem. Pour le coup, le fait-divers est véridique puisqu'en 1973 une équipe de bras cassés nostalgiques de Vichy enleva la dépouille de Pétain pour la transporter en fourgonnette jusqu'à un garage de la région parisienne. L'occasion pour l'auteur du Privé à la Cambrousse de mêler la petite histoire de Jean-Paul à une grande (et lamentable) histoire qui marqua en son temps la France de Pompidou.

Avec le trait minimaliste et la gouaille qui le caractérisent, Heitz s'amuse à mettre en scène ce personnage poissard sachant mieux que personne se lancer, à son corps défendant, dans des coups pour le moins foireux. Les seconds rôles sont toujours aussi bien croqués (avec une mention spéciale pour la secrétaire pulpeuse et machiavélique) et on ne peut que se régaler devant ce Road Trip digne des Pieds Nickelés. Jubilatoire !

J'ai pas volé Pétain mais presque... de Bruno Heitz. Gallimard, 2014. 90 pages. 17,00 euros.



18 commentaires:

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    1. C'est toujours bien fichu avec Bruno Heitz ;)

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  2. Allons bon, ça a l'air incontournable!

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    1. Et moi je ne connaissais pas ce fait-divers !

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  4. Les dessins ne sont visiblement pas pour moi.

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    1. Les dessins de Heitz refroidissent (à tort !) beaucoup de lecteurs potentiels.

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  5. Les sujets sont rigolos (façon de parler...) mais le dessin m'attire moins...

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    1. Il faut passer outre, le dessin, vraiment.

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  6. Je ne connais pas du tout, mais ça me tente bien ! Merci !

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    1. Tant mieux, je suis ravi de jouer les tentateurs avec cet album.

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  7. Je ne connaissais que ses titres jeunesse, il faudra que je me penche sur ces titres-là !

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    1. Ma fille adore sa série "Louisette la taupe". C'est un auteur apprécié par toute la famille ;)

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  8. j'ai cliqué sur ton lien pensant trouver ton billet sur "Eleanor & Park" je reviendrai (et l'abonnement me fera savoir quand il sera là), mais je trouve de beaux billets orientés graphiques! bonne nouvelle pour moi, un style que j'apprends à découvrir et qui me plait de plus en plus mais ... dans lequel je n'y connais rien :)

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    1. Le billet sur "Eleanor & Park", ce sera pour mardi prochain ;)

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  9. Jubilatoire, je veux bien te croire... Mais les dessins auraient tendance à me faire fuir en courant...

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    1. Rhooo, quand même, ils sont sympa les dessins. Et tu te rappelle, j'avais eu une dédicace à Montreuil ?

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