samedi 14 juin 2014

Langues de feu - Christopher Cook

Le titre pourrait faire penser à un mauvais porno des années 70 (ok, j'ai l'esprit mal placé) mais on en est loin. Langues de feu est le titre d'une des cinq nouvelles de ce recueil, un texte retraçant le destin de Nathan, un homme persuadé jusqu'à son dernier souffle de ne pouvoir être touché par l'esprit saint malgré sa foi. Dans les quatre autres on découvre un fait divers raconté selon trois points de vue différents (Trilogie de Tiger Ridge), on apprend l'histoire d'un célèbre brigand des bayous (Lafayette Dugas, desperado des bayous), on partage 24 heures de la vie d'une famille modeste à travers les yeux d'un enfant (La tourmente) et on écoute la confession d'un homme n'ayant pas voulu trahir un camarade en succombant aux avances de sa petite amie (Le code).

Toutes ces nouvelles se déroulent au fin fond de l'East Texas. Elles mettent en scène les vies minuscules de cow-boys des temps modernes tout sauf fringants. Des cow-boys descendus depuis longtemps de leurs chevaux pour devenir ouvriers sur des plate-formes pétrolières, traîner dans les bars ou chercher un emploi. Tous restent enfermés dans les traditions séculaires et bibliques qui régissent depuis toujours leur communauté. Des gens simples, violents, robustes et dignes pour qui la liberté reste la plus grande des richesses (« C'est comme s'il était mort, il a perdu sa liberté, il est plus bon à rien. »). Des taiseux ne se laissant pas aller à la sentimentalité. Des hommes habités par une certaine forme de solitude, comme en prend conscience le jeune garçon dans « La tourmente » : « Ainsi vivait-on dans le monde des hommes. On était seul. […] L'ostracisme et la solitude étaient son lot. Justes ou non, ils étaient siens et il leur appartenait. Ils étaient en lui par nature, pas disposition ou par acquisition, mais en lui, quoi qu'il advienne, et désormais indissociables de lui. »

Né au Texas, ayant connu une éducation ultra religieuse, Christopher Cook dépeint une région et des individus qu'il connaît parfaitement. Avec beaucoup de respect et de sollicitude, sans chercher à forcer le trait, il leur rend un hommage d'une grande sincérité dans une très belle langue.

Langues de feu de Christopher Cook. Rivages, 2014. 238 pages. 21,80 euros.

Un billet qui signe ma première participation au mois de la nouvelle de Flo.



16 commentaires:

  1. Je ne note pas mais j'ai quand-même envie de retenter des nouvelles.

    RépondreSupprimer
  2. J'ai déjà noté un recueil de nouvelles ce soir, un de plus ce serait trop.;-)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu n'es plus à un près quand même ;)

      Supprimer
  3. Hum, des nouvelles from Texas, y' du bon!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est du Texas mais c'est quand même très éloigné de Joe R. Lansdale, hein !

      Supprimer
  4. J'adore ton entrée en matière.Et le reste de l'article est assez tentant.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je ne suis pas ceratin pour autant que ces textes te conviendraient. A voir...

      Supprimer
  5. J'ai enfin fini par trouver le courage de me débarrasser du recueil "Bethlehem, Texas" du même Cook donc je ne referai pas de tentative. Je viens de relire la nouvelle que j'avais présentée lors du premier mois de la nouvelle et j'avais apprécié la manière de Cook qui, comme tu l'écris, sait de quoi il parle mais le contexte et ce type de personnages ne sont pas du tout pour moi.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Le contexte ultra religieux peut vite devenir plombant, je suis d'accord. Mais étonnamment, j'ai su passer outre.

      Supprimer
  6. Des nouvelles ? Je passe alors.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Rhoooo, faut pas être sectaire comme ça ;)

      Supprimer
  7. Je n'arrive pas à m'adapter aux formats courts, et pourtant avec ce mois de la nouvelle chez Flo, il y en a des titres tentants....

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il y a pourtant de vrais pépites dans les textes courts.

      Supprimer
  8. J'aime beaucoup les nouvelles mais ces histoires de cow-boys fatigués et solitaires, pas certaine que ce soit pour moi...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. En effet, je ne crois pas que ce soit pour toi.

      Supprimer

Je modère les commentaires pour vous éviter les captcha pénibles de Google. Je ne filtre rien pour autant, tous les commentaires sans exception seront validés au plus vite, promis !