jeudi 4 février 2016

Les enfants qui mentent n'iront pas au paradis - Nicolas Rey

Gabriel, écrivain quadra venant de se faire larguer par sa copine, tombe raide dingue de Catherine, l'instit de son fils, membre du Parti National. Un choc difficile à gérer pour ce bobo dans l'âme qui a toujours eu le cœur à gauche, « mais une femme qui fait l'amour comme ça ne peut pas être totalement méprisable ».

C’est futile, prétentieux, tellement creux, gratuitement provocateur. La quatrième de couv nous présente Gabriel comme un romantique désenchanté. Sérieux ? Gabriel est juste un branleur, un vrai de vrai (et croyez-moi, j’en connais un rayon sur la question). Gabriel et sa clique (de son agent homo Augustin à son éditrice surprotectrice Clara en passant par sa Catherine au cul sublime) enchaînent les scènes improbables et surtout ridicules : une ado de 16 ans se branle face au public d’une scène de théâtre, Gabriel urine sur Catherine qui lui chuchote « Partout, je veux ta pisse de la tête aux pieds », Gabriel roule une pelle à une octogénaire  nymphomane pendant un salon du livre, Augustin « s’amuse au jeu du qui suce qui » dans une boîte gay, etc.

Ça pourrait être drôle, il faudrait prendre cette histoire au second degré, voire au troisième degré, mais je n’y suis pas parvenu. Un manque de recul, de dérision véritable, une réflexion politique faussement naïve qui enfonce tous les clichés imaginables, des tas de références médiatiques qui me hérissent le poil, rien à sauver quoi.

L’écriture est d’une affligeante platitude. A la fin, Gabriel et Catherine se mettent ensemble. Parce qu’ils s’aiment, vous comprenez. Malgré leur différence d'âge et de milieu, malgré leurs divergences politiques à jamais inconciliables. Ils vont se mettre à la colle et Augustin pleurera le jour où le Parti National remportera les élections. Oups, désolé, je vous raconte toute l’histoire, mais pour le coup, j’espère que vous ne la lirez pas. Et une fois de plus, la preuve est faite qu'un titre sympa ne fait pas un bon bouquin.


Les enfants qui mentent n'iront pas au paradis
de Nicolas Rey. Au Diable Vauvert, 2016. 156 pages. 14,50 euros.









68 commentaires:

  1. Bon, je guette les premières pierres qui vont sûrement te tomber dessus ! Mouahaha !

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  2. Voilà un auteur que je n'ai jamais eu envie de lire, et apparemment j'ai raison.

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    1. Ce n'est pas moi qui vais te contredire.

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  3. MDR ! le voilà rhabillé pour l'hiver ... je n'ai jamais été tentée par cet écrivain, donc ça ne me fait pas pleurer.

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    1. J'aurais été désolé de te faire pleurer remarque.

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  4. J'aime bien quand tu te fâches, ça donne encore plus de poids à tes coups de cœur!

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  5. Je l'avais trouvé un peu trop superficiel dans Un léger passage à vide. Je n'étais pas tentée par une seconde lecture. Et apparemment, j'ai eu raison.
    Mais c'est bien de se rendre compte que nous avons un univers dans lequel tous les auteurs ne peuvent pas y trouver place.

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    1. Celui-là ne trouvera jamais sa place dans mon univers, c'est clair !

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  6. Pour le moment, il est dans ma PAL... mais je me demande s'il ne va pas malencontreusement glisser derrière la commode... ;-)

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  7. Ce billet est un délice !
    merci pour cette partie de rigolade :-p

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    1. Le roman n'en était pas un, crois-moi !

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  8. bon billet: ça fait du bien les décharges de mauvaise humeur quand on se sent piéger dans un livre qui nous plaît pas, dans ce cas là je pense à ce que je vais écrire sur mon blog et ça me fait du bien.

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    1. J'ai vu qu'il y a livre que tu n'avais pas aimé toi non plus ;)

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  9. Purée, tu n'y vas pas avec le dos de la cuillère ^^

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    1. JE me suis un peu lâché, c'est vrai ;)

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  10. Pas de risque que je le lise, je n'ai jamais eu envie de le découvrir ! Et encore moins en voyant le contenu de son dernier livre...

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  11. J'adore quand tu es méchant !
    Même le titre ne me plaisait pas, alors le reste...

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  12. Je n'avais pas repéré, je n'étais pas tentée, encore moins à la lecture du pitch... j'ai découvert qu'il existait des scènes que je n'avais pas envie de lire et que l'idée même que quelqu'un les imagine me laisse... par terre ! (pour être polie)

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  13. Avant de te lire, je n'avais pas fait attention au nom de l'auteur. Je comprends mieux... Il va être content s'il passe par là ! :)

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    1. M'étonnerait fort qu'il passe par ici ;)

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  14. Un léger passage à vide m'avait totalement affligée. D'une vacuité déroutante. Ca se confirme, je comprends assez bien ce que tu as pu ressentir

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    1. Je t'avoue que je n'ai pas du tout envie de retenter l'expérience.

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  15. Je n'ai lu qu'un seul livre de lui (je ne me souviens même pas du titre), j'ai détesté pour toutes les raisons que tu donnes... Il ne s'est donc pas arrangé. Il est évident que je ne lirai plus jamais un livre de cet "auteur"...

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  16. Je l'ai mais je ne suis pas allée plus loin que quelques pages. J'ai vu l'auteur à un festival littéraire, il est affligeant. On finit par avoir pitié de lui.

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  17. les héros mous m’énervent ! je passe

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    1. Celui-là t'énervera pour un tas d'autres choses je pense.

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  18. ça ne m'étonne pas. J'aime bien ton com marrant
    Tes extraits me paraissent affligeants

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    1. Affligeant, c'est un mot parfait pour ce roman.

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  19. Et pan c'est clair... Il ne m'aurait pas attiré de toute façon mais là c'est confirmé avec panache :-)

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    1. Avec panache, je n'irai pas jusque là ;)

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  20. Reçu de la même manière que toi ... bon, du coup je le lirai car tu as attisé ma curiosité. :P

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    1. J'aime quand une critique négative marche aussi dans ce sens-là ;)

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  21. Reçu, lu jusqu'à la page 46/47, et dégagé sur la pile 'à jeter'. je constate à lire ton billet que mon instinct était sûr.

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  22. voilà donc un livre qu'il faut fuir de toute urgence :) Le message est passé, merci !

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  23. Oh my... pas tentée du tout! :)) Et j'aurais pu deviner la fin, même en lisant ton début d'article! Je vais donc fuir!

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  24. Ah, j'avais vu ton petit mot sur FB .. et bien,affligeant est bien le terme et les commentaires semblent te donner raison. Enfin, les extraits suffisent à me détourner définitivement de cet auteur. Ma question est autre : comment l'éditeur peut-il défendre ce genre de livres ? Je serais intéressée de lire sa réponse

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    1. C'est un auteur qui a un public fidèle, qui agace autant qu'il plait je pense.

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  25. ce qui est terrible c'est que tu donnerais presque envie de le lire ^^

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  26. @Jérôme: à mille lieux de ce que j'aime en littérature...

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  27. Bon à eviter alors ...ça tombe bien ma PLA est pleine ;-)

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    1. Même si elle était vide, je t'aurais conseillé un autre titre ;)

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  28. Le titre avait plutôt tendance à me faire fuir, ce que tu en dis me conforte dans mon opinion.

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    1. Je me répète mais pour moi le titre est plutôt sympa.

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  29. Ça, c'est fait... Je vais pouvoir m'en passer je pense, sans aucun regret ! ;-)

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  30. Bon très bien, on sait quoi faire avec ce bouquin, l'oublier très vite !

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  31. Et bien dis donc ça donne envie ! ;-)

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    1. N'est-ce pas. J'ai tout fait pour en tout cas :p

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