vendredi 4 mars 2016

Corrosion - Jon Bassoff

Un vétéran d’Irak revenu au pays défiguré tombe en panne dans un bled paumé. Au troquet du coin, il assiste à une dispute entre un couple. Après avoir dérouillé le mari violent, l’ex-soldat repart avec la femme. Pas forcément l’idée du siècle, pour l’un comme pour l’autre, vu la façon dont les choses vont se dérouler par la suite…

C’est un fait, il n’est pas bon d’enchaîner deux lectures très, très sombres dans la même semaine. D’abord pour le moral. Avec l’actualité et la météo déprimantes en plus, ça plombe sérieusement. Ensuite parce qu’on ne peut pas s’empêcher de comparer. Et pour le coup, Corrosion ne sort pas gagnant de sa confrontation face à Un homme à terre. Le problème de Corrosion, c’est la folie. Le personnage est cinglé, sa démence permet tous les comportements déviants sans justification (à part peut-être un rapport à la mère et par extension un rapport aux femmes des plus compliqués). C’est facile je trouve. Dans Un homme à terre, les dérapages répondent à des situations tangibles, des urgences vitales, un désespoir lié à des choix extrêmement concrets à faire, ou pas. On dépiaute la nature humaine jusqu’à l’os, sans jugement mais en restant dans le rationnel. Et clairement, je préfère.

Après, Corrosion est un vrai bon roman noir à l’ambiance pesante et à la construction tout sauf linéaire. Mais sa lecture ne m’a pas procuré beaucoup de sensations. Pas forcément de l’ennui mais quelque chose ressemblant à de l’indifférence, ce qui est limite pire. Le parcours du narrateur ne m’a pas passionné, c’est le moins qu’on puisse dire. Et puis l’écriture manque un peu de caractère, de relief. Pas une déception à proprement parler mais je m’attendais à mieux. Et maintenant, pour me remettre de mes émotions après ces deux romans éprouvants, il va me falloir des textes dégoulinant de sucre et de guimauve, plein d’arc-en-ciel  et de licornes pailletées. Le problème, c’est que je n’ai pas ça en stock...

Corrosion de Jon Bassoff. Gallmeister, 2016. 230 pages. 17,20 euros.









28 commentaires:

  1. Hum, je crois que la guimauve ça fait encore plus de mal, de déprimé tu vas passer à énervé!

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  2. Evite le trop sucré, beurk aussi.

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  3. bon déjà que je laisse les courageux en lecture (dont je ne fais pas partie) se confronter à la violence! si même eux sont indifférents et déçus , je vais certainement pas y aller voir.

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  4. C'est un roman très noir, dans cette collection j'ai préféré Pike ! :)

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    1. Pike est excellent, je l'avais lu dans sa première édition, avant qu'il n'arrive dans cette collection.

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  5. Ah c'est sûr que deux lectures rapprochées, surtout d'un même genre, entrainent forcément des comparaisons. Bon, pas très tentée par celui-ci mais je sais que Gallmeister propose de très bons crus en la matière de manière générale.

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    1. Je suis d'accord, c'est toujours très bon chez Gallmeister.

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  6. J'ai lu divers avis, le tien est le plus mitigé. Oui je te rejoins sur l'indifférence, je préfère être énervée par un personnage que de m'en fichtre ! Pike, très bon souvenir comme Léa !!!

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    1. Pike est bien au-dessus de Corrosion, on est d'accord.

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  7. J'ai envie de te faire un peu la même réponse que celle que tu viens de faire à mon propre billet : moyennement attirée par le sujet et je te sens modérément enthousiaste... ;-)

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  8. Allons, allons, au fond de ta PAL tu n'as pas un peu de sucré ?

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    1. Tout au fond alors, là où le caramel a fini par attacher ;)

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  9. Non, pas forcément de la guimauve, juste un genre différent. Du décalé, du délirant par exemple.;-) Tu dois bien avoir ça en stock.:-)

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    1. Un petit Hideo Okuda par exemple ? J'ai ça en stock ;)

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  10. Encore du noir, mais euh... Quelques licornes que diable :-D

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    1. Les licornes, c'est extrême quand même !

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  11. Fais galle à la corne de la licorne lorsqu'elle passera dans ton gosier !!

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  12. Pas encore lu, mais dans PAL Gallmeister, acquise récemment, vive le noir :)

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    1. Un bon noir bien serré, il n'y a que ça de vrai !

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  13. Donc si j’comprends bien, si on veut se taper un bon coup de blues il faut se lire les deux romans coup sur coup!
    Au fait, t’en as trouvé des guimauves au sucre? :D

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    1. Non, je n'ai rien trouvé. Pas plus mal, ça m'évitera les caries ;)

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  14. Bon, comment dire... Je ne pense pas que ce soit une lecture pour moi ça...

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