mercredi 26 décembre 2012

Texas Cowboys - Trondheim et Bonhomme

Trondheim et Bonhomme
© Dupuis 2012
Envoyé par son rédacteur en chef réaliser un reportage au cœur de l’Ouest sauvage, Harvey Drinkwater quitte Boston pour le Texas. La commande de son boss est on ne peut plus claire : « Je veux du sensationnel. Je veux des duels au colt entre cowboys, aventuriers de tout poil, chasseurs de bisons et escrocs à la petite semaine. Je veux des culs-terreux qui se flanquent des peignées pour une éclaboussure de jus de chique sur une botte. Je veux des couteaux plantés dans des mains tenant deux as de cœur. Je veux des cowboys à cheval qui cavalcadent dans des saloons bondés. Je veux tout ça en mille fois plus violent. »

En débarquant à fort Worth, Drinkwater sait ce qui l’attend : « le pire de toute la racaille des ploucs de l’ouest rassemblé sur un espace grand comme le cul d’une mouche. »

Mais le jeune homme n’est pas là pour jouer au journaliste. Il a accepté le deal pour trois raisons : se venger de l'ex-mari de sa mère, s'enrichir et trouver l'amour. Le premier cowboy qu’il rencontre calme ses ardeurs : on ne peut pas venir dans l’ouest pour autant de choses à la fois, il faut en choisir une seul et unique pour rester concentré...

Parce qu’il a avant tout été conçu comme un hommage aux grands classiques, ce western accumule tous les poncifs du genre. Les personnages pittoresques à souhait forment la colonne vertébrale du récit : le blanc-bec naïf, la prostituée joueuse de poker, le shérif corrompu, le bandit cruel, etc. Un univers codifié qui ne constitue que le cadre de départ et que les auteurs s’amusent à modeler à leur guise, en jouant notamment sur la façon dont les éléments s’enchaînent. L’originalité tient donc dans la chronologie aléatoire qui régit l’ensemble de l’album. Les nombreuses intrigues sans lien apparent finissent par se rejoindre, les mêmes scènes sont présentées à différents endroits sous plusieurs angles et selon des points de vue qui varient en fonction des personnages, bref la construction de l’ensemble de l’histoire suit un canevas aussi complexe qu’imparable.

Le dessin de Mathieu Bonhomme, ultra précis et s’appuyant sur une abondante documentation, est volontairement vintage : utilisation récurrente du gaufrier (6 cases identiques par planches) et des effets de trame, mise en couleurs « à l’ancienne » avec un nombre de teintes limité (une quinzaine en tout), on a vraiment l’impression d’avoir sous les yeux une BD des années 60.

Un album à la narration d’une redoutable efficacité qui ne brille certes pas par son scénario mais qui mérite que l’on s’attarde sur son cas, ne serait-ce que pour son incontestable qualité graphique.


Texas Cowboys, de Trondheim et Bonhomme. Dupuis, 2012. 144 pages. 20,50 euros.

L'avis d'Yvan

L'avis de Mo'

Trondheim et Bonhomme © Dupuis 2012



12 commentaires:

  1. Je viens de finir "le tireur" sur tes conseils, pourquoi ne pas enchaîner avec un autre western..

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    1. C'est quand même très différent du Tireur (j'espère que tu as aimé d'ailleurs^^).

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  2. Un excellent one-shot et une véritable démonstration au niveau de la narration !

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    1. C'est vraiment le gros point fort, la narration.

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  3. Je n'aime pas trop les westerns. Parfois la sauce prend mais je suis assez méfiante. Si je le croise à la biblio je tenterai malgré tout, vu le bien que tu en dis.

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    1. C'est la bonne tactique a adopter. Avec la bibliothèque, si on est déçu, c'est pas grave au moins on n'a pas investit.

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  4. Je note parce que c'est toi, parce qu'on ne peut pas dire que je sois fan des cowboys...! :-)

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    1. Pas la peine de forcer non plus. Si tu ne le sens pas, passe ton chemin, je ne t'en voudrais pas.

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  5. Un bon moment de lecture... il est vrai. Pas l'album de l'année non plus... il est vrai ^^

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    1. On aurait pu faire une lecture commune, on aurait été sur la même longueur d'onde^^

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  6. je suis très difficile pour les BD car je n'en lis pas beaucoup , donc comme tu as des réserves je passe mon tour
    Luocine

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    1. Si ce n'est pas ton genre, tu peux passer sans regret, tu ne rateras pas grand chose.

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