mercredi 28 mai 2014

Shelley : la vie amoureuse de l'auteur de Frankenstein - Casanave et Vandermeulen

Le sous titre est trompeur, l’album s’attardant davantage sur la vie amoureuse de l’époux de Mary Shelley que sur celle de l’auteur de Frankenstein. Un drôle de loustic, le Sir Percy Bysshe Shelley. Renvoyé d’Oxford en 1811, à 17 ans, pour avoir rédigé et diffusé auprès de tous les évêques d’Angleterre une brochure intitulée « De la nécessité de l’athéisme ». Shelley le poète maudit, personnage sulfureux, intime de Byron, pionnier du romantisme anglais, punk avant l’heure dont le décès à 26 ans aux larges des côtes italiennes contribua à construire la légende.

Un jeune homme haï par ses contemporains dont va tomber amoureuse Mary Godwyn, sa future seconde épouse. La célèbre romancière avait, il faut dire, baigné depuis sa tendre enfance dans une ambiance des plus modernes aux cotés d’une mère philosophe et d’un père, William Godwin, qui fut l’un des premiers penseurs anarchistes établis à Londres.

Cet album au format atypique, réédition en un seul volume d’un diptyque paru précédemment, revient sur la construction de leurs relations en se focalisant néanmoins largement plus sur Percy que sur Mary. C’est le second titre de la série Romantica, une collection présentant la vie et l’œuvre de grandes figures du romantisme européen en mêlant à la biographie réelle une œuvre de l’auteur. Ici, aux faits historiques avérés, David Vandermeulen a associé des éléments d’un roman de Mary Shelley peu connu sous nos contrées, « Le dernier homme ». Dans ce roman, une épidémie ravage l’Europe et la couronne d’Angleterre tombe. Le scénariste a inséré ces épisodes dans son récit de la vie des Shelley et c’est à mon avis là que le bât blesse, ce mélange des genres ne permettant pas de distinguer clairement la réalité de la fiction. Personnellement, j’aurais préféré que la biographie reste réaliste jusqu’au bout et je ne vois pas ce que les éléments du roman apocalyptique apportent de plus.

En dehors de cette réserve d’importance, je dois reconnaître que l’atmosphère gothico-décadente propre aux prémices du romantisme anglais est bien rendue et qu’il est fort agréable de croiser au fil des pages des figures comme celles de Byron ou de John Polidori, un auteur auquel on attribue la paternité du vampirisme en littérature.

Une plongée à la source du romantisme, peut-être un peu légère, manquant parfois de fond, mais qui peut constituer une bonne introduction à la découverte de personnalités marquantes des lettres européennes.

Shelley : la vie amoureuse de l'auteur de Frankenstein de Casanave et Vandermeulen. Le Lombard, 2014. 288 pages. 22,50 euros.


PS : le second album de la collection est consacré à Chamisso. Le troisième, à paraître, retracera la parcours de  Nerval.








20 commentaires:

  1. Je ne suis pas convaincue. Le mélange réalité/fiction me fait un peu peur puisque je ne connais pas du tout la vie de ces auteurs. J'ai bien aimé "Frankenstein" mais là, je serais totalement perdue je crois. Bref, je n'en ferai pas une priorité même si les dessins me plaisent...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est vraiment dans la dernière partie que l'on mélange les genres. Le début est purement biographique et c'est ce que j'ai préféré.

      Supprimer
  2. Le dessin, les lieux et l'époque m'attirent mais...
    A feuilleter peut-être.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. A feuilleter bien sûr si l'occasion se présente.

      Supprimer
  3. Pourquoi pas? J'ai l'impression que j'aimerais malgré le mélange des genres qui t'a quelque peu dérangé. A voir.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je pense en effet que tu peux tout à fait aimer.

      Supprimer
  4. Les dessins ne me plairaient pas. C'est dommage car j'ai beaucoup de tendresse pour Mary Shelley et son émouvant Frankenstein (ou plutôt pour le monstre créé par Frankenstein).

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. L'épisode célèbre où elle rédige son roman en à peine quelques jours est d'ailleurs très bien décrit.

      Supprimer
  5. Moi je suis tentée. C'est un peu ma période de prédilection je dois dire, ça me renvoie à mes chères études et ma foi ce n'est pas désagréable... Et j'avoue que la vie de Shelley himself m'intéresse presque plus que celle de sa femme. Notée dans un petit coin de ma tête !

    RépondreSupprimer
  6. Pourquoi pas ? une biographie en BD, ça passe toujours fort bien, si le dessin est à la hauteur, et là, ça semble le cas.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Moi aussi j'aime bien la biographie en BD.

      Supprimer
  7. Je ne lis pas beaucoup de BD mais celle-ci m'intéresse - même si tu trouves cette bio légère ( en 288 p. ???). En tout cas, l'atmosphère et les dessins me plaisent beaucoup !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. En fait le format à l'italienne fait qu'on ne lit que des demies-planches. Du coup en format "normal" il ne ferait que 144 pages.

      Supprimer
  8. Si ça n'est pas réaliste, c'est vraiment une bonne introduction au genre ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. La 1ère partie, très réaliste, peut être une bonne introduction selon moi.

      Supprimer
  9. le support BD ne me tente pas trop mais en revanche la vie de Mary Shelley oui. Si je tombe sur cet album je jetterai un oeil

    RépondreSupprimer
  10. Le mélange biographie/fiction de l'oeuvre ne m'a pas dérangé, au contraire je trouve l'idée très bonne (comme dans Chamisso) de faire découvrir la vie et l'oeuvre en même temps !
    De plus, il y a un dossier historique à la fin qui permet de se rendre de ce qui est réel et fictif.

    Et puis je suis très content de trouver un article sur cette BD dont presque personne ne parle !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'ai compris que ce mélange des genres était le principe de la collection. Mais j'aurais préféré de la pure biographie.
      (par contre le dossier à la fin est très intéressant).

      Supprimer

Je modère les commentaires pour vous éviter les captcha pénibles de Google. Je ne filtre rien pour autant, tous les commentaires sans exception seront validés au plus vite, promis !