mercredi 11 avril 2012

L’Odyssée de Zozimos 2

Ford © çà et là 2012
L’odyssée de Zozimos, c’est pas de la petite bière. Jugez plutôt : manipulé par son oncle, le garçon décide de se venger de la sorcière qui a assassiné son père et lui a volé la couronne du royaume de Sticatha. Au moment où commence ce second tome, Zozimos et ses compagnons atteignent enfin Sticatha après avoir survécu à une forêt enchantée et à un désert sans fin. Pour retrouver son trône, le jeune héros et ses amis les Zozinautes doivent se lancer dans une nouvelle quête : aller jusqu’au bout du monde et rapporter la légendaire plume d’or. Mais leur chemin sera pavé d’embûches et les épreuves à surmonter ne cesseront de devenir plus dangereuses les unes que les autres. Coté cœur, Zozimos va découvrir que sa promise, la belle et farouche Alexa, n’est autre que sa propre sœur. Apprenant la vérité, Alexa se crève les yeux pour ne plus jamais avoir à regarder en face son bienaimé. Une vraie tragédie, je vous dis !  

Voila enfin la suite (et peut-être la fin) des aventures de Zozimos dont le premier volume faisait partie de la sélection jeunesse du festival d’Angoulême 2012. Pour ceux qui ne le connaissent pas, le problème de Zozimos, c’est qu’il tient plus du loser que du héros. Une sorte d’ado qui se cherche et doit affronter chaque nouvelle épreuve avec un évident manque de confiance en lui. Tout l’intérêt de l’album tient dans ce numéro d’équilibriste permanent entre la présence d’épreuves dignes de l’odyssée d’Ulysse, de figures mythologiques classiques (Athéna, zéphyr, Hélios, Nix, les Dryades, les sirènes…) et le traitement très moderne de l’intrigue.

A part ça, vous êtes sûrs qu’il faut aborder la question du dessin ? Si je me la pétais, je pourrais (sans préciser ma source, évidemment) vous citer un extrait du magazine Casemate parlant du travail de Mathieu Sapin sur la série Akissi : « Si l’on considère le dessin avant tout comme un outil de narration censé porter une histoire hors de toute considération esthétique, alors le trait de Sapin est parfaitement adapté à la vivacité et la fraîcheur du personnage-titre. » Remplacez juste Sapin par Ford et le tour est joué. Plus simplement, de mon coté, je comparerais le trait de Ford à ces pubs de la MAIF mettant en scène des bonhommes fil de fer (je sais, c’est moyen comme référence mais que voulez-vous on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a…). Une certitude tout de même, malgré la simplicité du dessin et l’absence de couleur, la fluidité et la lisibilité sont de mises. A noter également la qualité des dialogues qui ne sont par pour rien dans l’aspect moderne de cette agréable comédie d’aventure.
        
Au final, les clins d’œil à Homère disséminés par Christopher Ford tout au long de l’album feront le délice des enfants qui connaissent la mythologie sur le bout des doigts. Pour les autres, pas de panique, l’Odyssée de Zozimos peut aussi se déguster sans compétences particulières dans le domaine. L’auteur a su mixer les genres. Entre récit légendaire et roman d’apprentissage, il ratisse large, mais toujours avec finesse et intelligence, c’est bien là l’essentiel.       

Un grand merci à Libfly et aux éditions ça et là pour la découverte !

L’Odyssée de Zozimos T2  de Christopher Ford. Editions ça et là, 2012. 228 pages. 14 euros. Dès 10 ans.

Ford © çà et là 2012



24 commentaires:

  1. une véritable tragédie grecque !

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    1. oui, mais une tragédie grecque pour les enfants !

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    2. rhô, j'adore ces petits personnages et cette façon de revisiter le mythe. Voilà en effet qui doit plaire autant aux jeunes qu'aux adultes. Je prends note et vais essayer de mes les procurer...;-)

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    3. oui, je pense que nombre de jeunes lecteurs pourront y trouver leur compte.

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  2. tu détruis à l'avance tous les arguments des lecteurs qui seraient rebuter par le dessin "minimaliste", Ford a trouvé son chargé en communication! Zozimos en successeur d'Ulysse ?

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    1. Chzrgé de comm ? Why not, même si je ne suis pas sûr que ce soit mon truc.

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  3. wens a raison: c'est sûr que sans ton avis , rien qu'en le feuilletant, je n'aurais pas eu envie de lire cet album car les dessins ne me disent rien, de prime abord. Maintenant, après lecture de ton billet, c'est très différent.

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    1. C'est mon but quand je rédige un billet BD, je cherche à argumenter un minimum.

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  4. Je pense que les clins d'oeil à la mythologie pourrait me plaire, pour le reste je ne sais pas....

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    1. Le reste, c'est les dessins je suppose...

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  5. C'est gentil de penser à tes lecteurs incultes : la MAIF, au moins, ça me parle!
    Tentée par le sujet mais pas trop par le dessin... a voir!

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    1. Ben oui, c'est moyen comme référence mais j'ai rien trouvé de mieux :)

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  6. Jérôme, je suis loin de mes dessins et des couleurs de Blacksad avec ta BD ! Plus épuré, y-a pas ! Bon, je rejoins les copains... heureusement que ton billet se pose en soutien.
    A voir !

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    1. On est en effet à des années lumière de Blacksad. Difficile d'imaginer plus grand écart au niveau graphique.

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  7. Bon, il a pourtant l'air sympatoche ce p'tit héros mais comment dire... je fuis en courant en voyant les dessins ! Et loin !

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    1. Je peux comprendre, c'est un vrai choc !

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  8. Une véritable Ôde à l'humour zette lecture ;-)

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    1. Tu n'as pas l'air convaincu pour autant...

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  9. Il ratisse large, mais je vais quand même essayer de passer entre les mailles du filet :)

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    1. Tant pis, ce sera pour une prochaine fois^^

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  10. Ton billet m'intrigue, je serais curieuse de juger sur pièce !

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  11. Bon, pas fan de mythologie ni des dessins, je passe.

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    1. En effet, si rien ne trouve grâce à tes yeux, tu peux passer sans regret.

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