dimanche 29 janvier 2012

Vie animale

Torres © L'Olivier 2012
Ils sont trois. A moitié laids, à moitié noirs, à moitié sauvages. Ils ont les cheveux bouclés, la peau mate et le corps maigre. Ils, se sont des frères. Il y a Manny, 10 ans, Joel, 8 ans, et le narrateur, le cadet, âgé de 7 ans. Leurs parents étaient des ados quand Manny est né. Ils ont abandonné l’école avant l’accouchement. Aujourd’hui, Ma travaille à l’usine et Paps navigue entre les petits boulots. A la maison, ils s’aiment, s’engueulent et se battent. Les gamins, eux, en veulent toujours plus : plus de bruit, plus de cris, plus de jeux, de sang, de chair et de chaleur. Le père les corrige à coup de fouet mais il peut aussi se montrer étonnamment complice avec ses fils. La mère quant à elle se désole de voir ses enfants grandir et lui échapper. Une vie de misère, animale, sauvage, où le drame n’est jamais bien loin…

La prose est sèche comme un coup de trique. Pas d’emphase, pas de grandiloquence, tout est gratté jusqu’à l’os. Les chapitres courts et percutants donnent un rythme saccadé, proche de la poésie ou du slam. Les scènes marquantes s’enchaînent et le lecteur est en apnée jusqu’au dénouement final qui le laissera groggy, sonné par cette terrible nuit où la vie de la famille a basculé.

Premier roman et coup de maître pour Justin Torres. Sa voix raisonne avec force et emporte tout sur son passage. Sans concession, Vie animale est un récit féroce qui ne plaira pas à tout le monde. Pour moi, ce fut un vrai plaisir de lecture !

Vie animale, de Justin Torres, Éditions de l’Olivier, 2012. 142 pages. 18,00 euros.


10 commentaires:

  1. Ton billet me tentait beaucoup mais 140 pages, c'est trop peu pour moi. J'ai besoin de temps pour rentrer dans une histoire.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est vrai que l'on pourrait davantage considérer ce texte comme une longue nouvelle que comme un roman. Personnellement j'aime ces écritures "minuscules" qui vont à l'essentiel sans se perdre dans un lyrisme de mauvais aloi.

      Supprimer
  2. Une écriture sèche et un sujet dur, c'est une bonne association. J'irai voir ce livre pour le feuilleter d'abord et voir si à mon tour il pourrait me plaire. Tu es convaincant, surtout pour un premier roman.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est en effet assez impressionnant pour un premier roman. Mais c'est assez typique de la littérature américaine. Malheureusement, les 1ers romans français sont rarement aussi percutants.

      Supprimer
  3. cela fait un moment que je dois parler de ce livre mais il m'a laisé tellement "scotchée" que j'ai bien du mal...contrairement à toi, bravo!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est vrai que je me sens assez à l'aise pour parler des récits de ce genre. ça compense les fois où je sèche complètement sur d'autres ouvrages^^

      Supprimer
  4. Un billet (et un livre !) qui ne laisse pas indifférent, apparemment...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Non je pense que pas un lecteur ne sorira indemne de cette lecture !

      Supprimer

Je modère les commentaires pour vous éviter les captcha pénibles de Google. Je ne filtre rien pour autant, tous les commentaires sans exception seront validés au plus vite, promis !