vendredi 12 mai 2017

Chiizakobé T3 et 4 - Minetaro Mochizuki

Toujours empêtré dans les suites de l’incendie du quartier qui a ravagé la menuiserie familiale et tué ses parents, Shigeji persiste à refuser toute aide extérieure pour assurer la survie de l’entreprise dont il a hérité malgré lui. Parallèlement, Ritsu, la jeune femme qu’il a engagée pour s’occuper de sa maison et des orphelins recueillis après la catastrophe, devient de plus en distante, persuadée que Shigeji s’apprête à demander la main de la jolie Yûko et à la mettre à la rue…

Tout le récit tient sur la complexité de personnages insaisissables, retranchés derrière une carapace hermétiquement close, incapables de forcer leur nature, même quand la situation l’exige. Des êtres qui ont du mal à se dévoiler, à fendre l’armure, à communiquer.

Je vous l’accorde, il ne se passe pas grand-chose dans ces deux derniers tomes. Comme dans les précédents d’ailleurs. Tout se déroule avec lenteur, entre silences et non-dits. Et inexplicablement, cette lenteur me fascine. Les gros plans sur une main ou un pied, la façon dont un visage se tourne, dont chaque posture exprime un sentiment est bien plus parlante qu’un dialogue je trouve. A cet égard la scène de la demande en mariage (je ne spoile rien, il suffit de regarder la couverture du dernier volume^^) est d’une maîtrise époustouflante en terme de découpage et elle résume à merveille le comportement plein de retenu et de maladresse des protagonistes.

J’ai aimé aussi la réflexion profonde sur la perte et le deuil, la volonté de se relever après une tragédie et le besoin de se sentir accompagné, même par ceux qui ne sont plus là. Le tout avec une dignité et une forme d’orgueil qui, en ce qui me concerne du moins, force l’admiration.

Un manga vraiment à part, dont le rythme et l’esthétique particulière pourront à l’évidence désarçonner plus d’un lecteur. Je me garderais donc bien de le conseiller à qui que ce soit mais pour ma part, je le classe parmi les petits bijoux du genre.

Chiizakobé T3 de Minetaro Mochizuki (traduit du japonais par Miyako Slocombe). Le Lézard noir, 2016. 236 pages. 15,00 euros.
Chiizakobé T4 de Minetaro Mochizuki (traduit du japonais par Miyako Slocombe). Le Lézard noir, 2017. 236 pages. 15,00 euros.


Une lecture commune que j'ai le plaisir de partager avec A_girl_from_earth.



10 commentaires:

  1. Lecture mitigée du tome 1... je n'ai pas continué la série. Aurais-je dû?!

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  2. Ah oui, avec A girl ,j'en entends parler sur son blog. Cela m'interpelle...

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  3. Il faut absolument que je me dégotasse le tome 1 pour me faire une idée !
    Bisous jeune homme

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  4. quand on s'intéresse à un genre particulier on devient plus spécialiste et on affine son goût , les mangas ne font pas partie de mon univers, mais j'y viendrais peut être!

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  5. je cherchais des manga pour une amie et j'ai vu les 4 mais j'ai trouvé le tout assez cher et Marie-Claude a abandonné, je lui ai offert un autre que j'ai adoré (j'en ai parlé sur mon blog) et je vais les emprunter quand ils seront dispo à la bibli car je suis quand même très intriguée !

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  6. Pas un univers pour moi je le crains...

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  7. Je pense que c'est une série dont il faudrait lire les 4 tomes d'affilée, ou sans trop d'attente entre, pour éviter de se perdre en conjectures comme moi.;-) Parce qu'au final, on comprend bien que le récit tient, comme tu le dis si bien, sur la complexité de personnages insaisissables, qui ont "simplement" du mal à communiquer et à se dévoiler (d'où mon sentiment de nébuleux tout le long, mais moi je pensais que ça cachait quelque chose d'autre, haha - je dois être un peu tordue).
    Merci pour la découverte de cette série et pour m'avoir accompagnée tout le long.:-) C'est une série que je recommanderais volontiers, ne serait-ce que pour montrer l'étendue du genre "manga". La narration graphique vaut par ailleurs clairement le détour !

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  8. Un ami m'en a beaucoup parlé, j'espère lire ces tomes assez vite !! En attendant j'ai lu "Tokyo Kaido" du même auteur et c'était intéressant mais assez spécial. Pas de billet sur le blog.

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  9. Je suis bien intriguée de découvrir ces tomes de Mochizuki. Pour la complexité des personnages, la lenteur et la réflexion profonde. Tentateur va :D
    Bisous

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  10. la scène de demande en mariage est juste magnifique. Tu en parles très bien.

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