vendredi 11 janvier 2019

Les frères K - David James Duncan

En 2018 ma première lecture avait été un énorme pavé américain des éditions Monsieur Toussaint Louverture qui s’est avéré être mon plus gros coup de cœur de l’année. Puisque l’histoire aime se répéter, j’ai voulu réitérer l’expérience en 2019 avec un nouveau pavé américain du même éditeur. Verdict ? Du très bon, mais pas aussi bon qu’Un jardin de sable.

Les frères K, c’est 800 pages pour relater vingt ans de la vie de la famille Chance. Une famille où le quotidien n’a rien d’un long fleuve tranquille entre le père ancien joueur de baseball aux rêves de gloire brisés, la mère obsédée par la religion et les six enfants aux aspirations et aux caractères très différents. De 1956 à 1975 on suit les méandres de leurs relations complexes et les trajectoires particulières de chacun, du Vietnam à l’Inde en passant par le Canada. Au cœur du récit se trouve le narrateur Kincaïd, l’un des fils, témoin privilégié des événements marquants de ces vingt ans.

Un roman fleuve ambitieux dont les nombreuses ramifications ne cessent de se croiser pour mieux souligner les conflits et les relations complexes entre chaque membre de la tribu. C’est ample, profond, très bien mené et jamais décousu. Mais (puisqu’il y a mais) certaines longueurs auraient pu être évitées. La description dans les premières pages d’une interminable retransmission télévisée d’un match de baseball m’a coupé les pattes d’emblée, et le cours de catéchisme qui s’est enchaîné juste derrière a failli m’achever. Heureusement que par la suite le récit est devenu plus fluide et a moins donné l’impression de s’éparpiller sur des détails sans grand intérêt. Il n’empêche, le texte aurait gagné à être quelque peu élagué, plus ramassé sur lui-même, sans gras inutile autour de l’os.

Au final ça reste un vrai bon roman où les interactions entre les personnages sont très fouillées, ou la petite et la grande histoire ne cessent de se mélanger et où la destinée individuelle de chacun ne trouve de sens que dans la globalité de l’histoire familiale. C’est aussi l’expression d’une solidarité sans réserve malgré les divergences de points de vue. Et c’est surtout un livre plein de lumière et d’ondes positives où les coups durs ne font que renforcer l’envie de se relever pour continuer à avancer, ensemble.

Les frères K de David James Duncan (traduit de l’anglais par Vincent Raynaud). Monsieur toussaint Louverture, 2018. 798 pages. 24,00 euros.









20 commentaires:

  1. C'Est le genre de roman qui me plaît beaucoup généralement. Il est bien noté. En plus, j'aime bien le baseball!

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  2. Haha j'en parle lundi (le Padura est passé devant). Que dire de plus? Que je pourrais tenter de lire ce jardin de sable qui m'a l'air plus rugueux quand même, et être d'accord avec toi, le base ball passe mal chez le français (je suppose que les américains boivent ça comme du petit lait) . mais c'est tellement bien raconté...

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  3. Je n'en fais pas une priorité. Peut-être un prêt pour plus tard.

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  4. J'ai du mal avec les pavés en ce moment... je verrai plus tard.

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  5. Il pourrait m'intéresser, je le retiens :)

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  6. Je l'ai vu chez Madame Couette...et j'hésite !

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  7. Bon, ce n'est pas un des pavés dans lequel je me lancerai dans l'urgence cette année. Je ne note que quand c'est un sans faute (bouclier anti-PAL on^^).

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  8. Tu es raccord avec Marie-Claude... J'ai beaucoup de mal avec le sport, et le baseball en général, dont je n'ai jamais compris les règles (mais dont j'ai pu apprécier l'ambiance bon enfant et familiale des matches). Du coup, j'attendrai que le hasard fasse son boulot et mette ce pavé sur mon chemin un de ces jours, sans urgence.

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  9. On partage un même avis, monsieur Jérôme. Je suis plus que satisfaite de l'avoir lu, mais si c'était à refaire, pas certaine que je m'embarquerais dans cette aventure!

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  10. je crois que je ne me lancerai pas dans ce gros pavé, je remarque que plus les romans français se font pudiques et abrègent leur propos plus les romanciers américains se répandent en détails et allongent les pages. A croire que comme du temps de Balzac ils sont payés à la ligne!!

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  11. 800 pages, trop lourd pour moi et puis le base-ball....

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  12. Je ne suis pas sûre que j'aurais réussi à passer les premières pages sur le baseball. J'abandonne vite les romans en ce moment, surtout s'ils sont gros !

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  13. C'est souvent ce que je reproche aux romans américains : trop longs. A croire que les éditeurs d'outre-Atlantique ne retravaillent pas le texte avec leurs auteurs - ou ne les encouragent en tout cas pas à être plus resserrés et donc, selon moi, plus percutants.

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    1. alors je peux te conseiller plein d'auteurs américains dont les romans ne dépassent pas 200 pages .. moi ce qui me marque c'est que les romans français peuvent être très courts et pourtant très longs et ennuyeux LOL mais c'est vrai que dépasser 800 pages .. et oui, les éditeurs ne travaillent pas à l'identique entre nos pays et je suis souvent la première à pester contre les éditeurs qui ne font pas leur travail mais aux USA, on ne conçoit pas de "couper" des passages entiers ...

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  14. Pfou, il n'est pas pour moi trop long !

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  15. Jérome et 800 pages ! Je préfère le football américain mais je connais les règles du base-ball. je pense le lire un jour, mais ça ne sera pas pour tout de suite ! ma PAL en premier ! tu seras au salon du L cette année ?

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  16. Les années se suivent mais ne se ressemblent pas. Pas de coup de coeur avec cette maison d'édition en ce début 2019.

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  17. J'adore ta conclusion ! Je n'ai pas osé me lancer dans cette lecture, j'avoue, le pavé et le style m'ont impressionnée.

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  18. J'oublie catéchisme et je tiens solidarité et lumière, noté !

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