jeudi 9 juillet 2015

Coal Creek - Alex Miller

Queensland, années 50. Depuis la mort de son père, Bobby Blue a dû arrêter de parcourir le bush à cheval à la recherche de taureaux sauvages. Avec son paternel et son meilleur copain, le bagarreur Ben Tobin, il passait ses journées en pleine nature, bivouaquant devant un feu de camp le soir venu avant de s’endormir à la belle étoile. Une jeunesse libre et tumultueuse dont il s’est amendé en entrant dans la police. Son nouveau chef, Daniel Collins, arrive d’une grande ville côtière avec sa femme et ses deux filles, dont la belle Irie âgée de 13 ans et avec laquelle Bobby va nouer une profonde complicité. Esprit étroit manipulé par sa femme, Daniel ne cherche pas à s’imprégner des mœurs et coutumes locales, il se considère avant tout comme un homme civilisé face à des rustres mal embouchés. Le jour où les policiers sont appelés à Coal Creek pour arrêter Ben qui aurait frappé sa petite amie, Bobby se retrouve pris au piège entre la loyauté qu'il doit à son supérieur et l'inébranlable amitié qui le lie à celui qu’il connaît et apprécie depuis l’enfance.

J’ai eu du mal au départ. Le rythme est assez lent, il y a pas mal de digressions, de retours en arrière pas forcément passionnants, de réflexions un peu cucul. La caricature est poussée à l’extrême entre les blancs-becs de la côte pensant tout savoir et prenant tout le monde de haut, et les cul-terreux du bush, authentiques cow-boys australiens à l’ancienne, amoureux d’un environnement sauvage que les premiers nommés ne pourront jamais comprendre. Et puis je n’aime pas du tout ce procédé consistant à annoncer l’air de rien des événements à venir, du genre « si j’avais su alors que... » ou « je ne pouvais pas me douter à ce moment là que... ». J’ai toujours l’impression que l’auteur essaie de relancer notre attention avec ces tics d’écriture et je vois cela comme un aveu de faiblesse, comme s’il nous disait, « bon, là, tu t'ennuies un peu, mais ne te sauve pas, tu vas voir, des choses géniales vont arriver ! ».

En gros, j’ai peiné, me demandant même si j’allais aller jusqu’au bout. Mais au moment où la tragédie se déploie (dans les 75 dernières pages), où les faits s’enchaînent sans temps mort, cela devient excellent. C’est douloureux, plein d’émotion contenue et surtout on va à l’essentiel. Rien que pour ça je ne regrette pas d’avoir découvert cet auteur dont j’avais beaucoup entendu parler au moment de la sortie en France de son premier roman il y a deux ou trois ans (« Lovesong »). Et puis je fréquente trop peu la littérature australienne, c’est un plaisir de m’y plonger de temps en temps.

Coal Creek d’Alex Miller. Phébus, 2015. 245 pages. 20,00 euros.





26 commentaires:

  1. Je ne sais pas si j'aurai le courage d'attendre les 75 dernières pages. Pourtant l'Australie .....

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Les premières pages ne sont pas une purge non plus, mais le final quand est quand même très supérieur.

      Supprimer
  2. J'ai aimé cette lecture parce que c'est le genre de livre qui nous fait radicalement changer d'avis vers la fin et j'aime ça :D

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est vrai, parfois, il faut tenir jusqu'au bout pour être récompensé ;)

      Supprimer
  3. Pareil... pourtant l'histoire et l'australie .... mais pfiouuuu attendre les dernières pages ... arf

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Moi le bush australien, ça ne me fait pas particulièrement rêver.

      Supprimer
  4. Les 75 dernières pages ? Tu es bien courageux.....

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu n'es pas la première à me le dire :p

      Supprimer
  5. Idem l'Australie : yes ! le bush et les cowboys Yes ! mais attendre les 75 dernières pages.. je vais plutôt aller voir du côté de Lovesong ;-)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Lovesong, j'y viendrai peut-être aussi un jour ou l'autre.

      Supprimer
  6. Quel dommage qu'il prenne une telle dimension si tardivement...

    RépondreSupprimer
  7. J'aime bien la lenteur, mais moins le procédé que tu cites. Mais pour découvrir de la littérature australienne, je veux bien aller y regarder de plus près.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il se pourrais même que tu accroches plus rapidement que moi qui sait ?

      Supprimer
  8. Je trouve que la littérature australienne ou traitant de l'Australie se confine vraiment beaucoup au bush (en même temps il n'y a pas grand-chose d'autre sorti des grandes villes), mais justement il y a des villes passionnantes comme Sydney, pas composée uniquement d'australiens pur-jus (les descendants de bagnards ou personnels pénitentiaires qui réclament le "droit du sol" avant les aborigènes), donc j'attends autre chose de cette littérature et si en plus, il faut attendre les 75 dernières pages, j'en ai des bouffées de chaleur ! :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Pour une Australie "urbaine", je te conseille "La gifle" de Christos Tsiolkas. Vraiment excellent !

      Supprimer
  9. Trop lent pour moi... Si je n'accroche pas dès le départ c'est mort...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Alors là, pour le coup, ça risque d'être mort ;)

      Supprimer
  10. Allez, je note. Le résumé me plaisait, ton avis mitigé m'a dissuadé, et si finalement les 75 dernières pages sont excellentes, ça peut valoir le coup.

    RépondreSupprimer
  11. je vais laisser passer, et pourtant comme toi je trouve que je connais mal l'Australie, tu connais Kenneth Cook , il me fait mourir de rire avec ses nouvelles et a écrit également des romans beaucoup , beaucoup plus tristes , décrivant la violence quotidienne .

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Jamais essayé Cook alors qu'il a tout pour me plaire je pense.

      Supprimer
  12. Tout comme Framboise. :-) Et bien d'accord pour explorer davantage la littérature australienne mais bon, y a mieux que ce roman sûrement.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Pour de la bonne littérature australienne, je te conseille "La gifle" ou encore "Les affligés" de Chris Womersley.

      Supprimer
  13. Je n'y connais rien en littérature australienne, je préfère donc me concentrer sur les autres que tu cites en commentaires plutôt que celui-ci.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est sans doute plus sage de se concentrer sur les autres titres ;)

      Supprimer

Je modère les commentaires pour vous éviter les captcha pénibles de Google. Je ne filtre rien pour autant, tous les commentaires sans exception seront validés au plus vite, promis !