vendredi 15 juin 2018

Au bord de la terre glaçée - Eowyn Ivey

1885. Le lieutenant-colonel Allen Forrester est chargé de mener une expédition de reconnaissance en Alaska le long de la rivière Wolverine afin de cartographier le territoire et de recueillir des renseignements concernant les tribus indigènes. Accompagné des soldats Pruitt et Tillman, d’un trappeur et de guides indiens, le lieutenant a laissé au fort son épouse Sophie, sans savoir qu’elle est enceinte.

Le texte inclut cartes, dessins, photos de paysages et images d’objets de l’époque. L’histoire se découvre à la lecture, en parallèle, des carnets d’Allen, du journal intime de Sophie et des échanges épistolaires d’un de leurs descendants et d’un conservateur de musée. C’est un vrai récit d’aventure à l’ancienne qui mêle la grande aventure du lieutenant-colonel et l’aventure intime de Sophie. Le premier défriche une terre vierge de la présence de l’homme blanc, conscient que si sa mission se réalise, elle ouvrira la porte à une colonisation de masse où les indiens ont forcément tout à perdre. De son côté sa femme aspire à briser le carcan d’une société patriarcale pour gagner une forme d’autonomie et de liberté à travers sa passion pour la photographie.

Franchement, je ne m’attendais pas à être autant sous le charme d’un tel roman. C’est une superbe histoire d’amour et un hymne à la beauté de la nature sauvage qui invite à la contemplation tout en dressant le portrait d’un couple soudé malgré l’éloignement. Il y a également une surprenante dimension fantastique, étroitement liée aux croyances autochtones. C’est ainsi que l’on voit un enfant naître dans le creux d’un épicéa, que l’on retrouve les soldats aux prises avec un monstre lacustre, que des femmes se métamorphosent en oies ou que des fantômes hantent la montagne chaque nuit. Ce mélange entre fantastique et réalité, entre pragmatisme des explorateurs et légendes indiennes ne sonne jamais faux et fonctionne au final à merveille (à mon grand étonnement !).

Un pavé très « romanesque », traversé par le souffle d'une épopée digne des grands pionniers de l’Amérique. Et une excellente surprise en ce qui me concerne tant, à la base, je ne suis pas un adepte de ce genre de récit.

Au bord de la terre glaçée d’Eowyn Ivey (traduit de l’américain par Isabelle Chapman). 10/18, 2018. 540 pages. 19,90 euros.

18 commentaires:

  1. Moi non plus, a priori. Mais du coup, pourquoi pas ?

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  2. Tu as su te laisser charmer par cette lecture.

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  3. Tiens, tiens, j'ai tendance à te faire confiance (parce que je te connais -un peu et moi non plus ça ne m'aurait rien dit au départ)

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  4. J'avais absolument adoré La fille de l'hiver, qui flirtait aussi avec le fantastique, alors je ne suis pas trop étonnée que tu sois sous le charme... et je m'empresse de le noter !

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  5. Encore une tentation. Et en plus de belles images ...

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  6. Ah oui, chouette ! J'avais beaucoup aimé son premier roman, et j'avais adoré ma rencontre avec l'auteure au Festival America, ça reste un magnifique souvenir.

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  7. J'ai hésité, à cause de la forme épistolaire, mais finalement, après ton billet, je vais peut-être changer d'avis !

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  8. Ca pourrait tout à fait me plaire ce genre de roman !

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  9. Alors deja moi c'est ma tasse de thé ce genre là... Et epistolaire en plus... Et en plus tu as aimé !!! Il est pour moi 😊

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  10. Je n'en avais jamais entendu parler, il me tente énormément! (ma PAL ne te dit pas merci ^^)

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  11. Aaaah je sens que tu redeviens réceptif à tes lectures et que la mauvaise passe est en train de... passer.^^ Ça pourrait me plaire, rien que pour les thématiques, l'époque, le lieu. A voir. Je réarme mon bouclier anti-PAL, je sens que tu vas recommencer à frapper fort.^^

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  12. La couverture est très inspirante. Mais... je branle dans le manche. En plus 540 pages, c'est pas des miettes!

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    1. tu quoi ? veux-tu que tu n'es pas sûre de toi ? 540 n'est pas pas un pavé, chez moi ça commence à 600 pages ;-)
      mais sinon, Jérôme, comment ai-je pu passer à côté de ce livre ?????

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    2. Je me disais bien sinon que son nom m'était familier, et oui j'ai son autre roman (en anglais) The Snow Child dans ma pal

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    3. Je retiens l'expression "Je branle dans le manche" mais pourrait-on en avoir la signification exacte ?

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  13. Très tentée par l'idée du mélange des textes et des illustrations, roman d'aventure à l'ancienne, aussi !

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  14. Tentée par certains éléments et beaucoup moins par d'autres.

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