mercredi 3 octobre 2018

Un automne à Beyrouth - Lisa Mandel

Invitée par une ONG au Liban pour faire un reportage dans un camp de réfugiés syriens à l’automne 2017, Lisa Mandel va y rester trois mois et tenir sur son blog le carnet de bord de son périple. Histoire, géopolitique, condition féminine, place de la communauté gay, classe dirigeante exploitant ses domestiques comme des esclaves, les sujets montrent à quel point le Liban est un pays aussi fascinant que compliqué.

L’air de rien je commence à être calé niveau carnet de voyage en BD. De Florent Chavouet à Julie Blanchin Fujita en passant par Emmanuel Lepage, Maïté Verjux, Benjamin Flao, Troubs ou Simon Hureau, j’en ai parcouru des kilomètres autour du monde. Si je devais classer celui-ci, je ne le mettrais malheureusement pas en haut de la pile, loin s’en faut. A vrai dire rien ne m’a plu dans cet album regroupant des pages prépubliées sur le site du Monde.

Trop autocentré, survolant les sujets, anecdotique, bavard… le propos n’a rien de passionnant. Quelques traits d’humour et d’autodérision font sourire mais je dois dire que deux jours après ma lecture il ne m’en reste pas grand-chose. J’aime beaucoup ce que fait Lisa Mandel pourtant, son travail de coéditrice de la collection Sociorama par exemple est remarquable (je vous conseille d’ailleurs chaudement sa Fabrique pornographique) mais là, rien à faire, je n’ai pas accroché du début à la fin.

Il faut dire que graphiquement, le dépaysement n’est pas garanti. Le dessin tient plus du crayonné brouillon que du croquis léché et l’absence de décor pose quand même un vrai problème dans un carnet de voyage ! La forme en elle-même, idéale pour une publication sur un blog, perd de son attrait et de sa force dans un ouvrage papier. Le manque de liant saute aux yeux, on a trop souvent l’impression de passer du coq à l’âne, ou même de trouver des passages hors sujet. Que vient faire par exemple un chapitre entier sur le salon du livre de Francfort dans un carnet de voyage au Liban ? Surtout quand ce chapitre se résume à une quête de téléphone portable oublié au restaurant.

Bref, cet automne à Beyrouth ne me laissera pas un souvenir impérissable, voire pas de souvenir du tout, ce qui est encore pire. Je constate une fois de plus que le passage de dessins de blog au format papier est rarement une bonne idée et que le résultat est encore plus rarement convaincant. Dommage.

Un automne à Beyrouth de Lisa Mandel. Delcourt, 2018. 112 pages.

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