mercredi 28 février 2024

Le chantier - Fabien Grolleau et Clément C. Fabre

Flora, jeune architecte engagée dans un grand cabinet barcelonais, se voit confier son premier grand chantier. Pour construire la maison de rêve d’une famille aussi riche qu’exigeante, la débutante va devoir allier diplomatie, force de conviction et moral à toute épreuve. Parce que le chantier, des premières ébauches à la pose de la dernière pierre, n’aura rien d’un long fleuve tranquille.

« Les ennuis juridiques, les clients compliqués, les assurances, la comptabilité, les problèmes de chantier, la recherche d’artisans, les délais qu’on ne tient pas, les gros coups de stress, les accidents de chantier, les malfaçons… », le scénariste  Fabien Grolleau s’est inspiré de sa propre expérience d’architecte DPLG (Diplômé Par Le Gouvernement) pour mettre en scène les premiers pas balbutiants d’une consœur écartelée entre ses convictions et la dure réalité d’un métier où le client a (presque) toujours le dernier mot.

Tous les problèmes rencontrés au cours d’une carrière semblent être rassemblés sur ce seul chantier. Du coup l’ensemble apparaît parfois un poil caricatural mais au final le récit est instructif et Flora terriblement attachante. Clément C. Fabre, propose un univers graphique proche de celui de Julien Neel (Lou !). Son trait souple va à l’essentiel et offre une rafraîchissante spontanéité pleine de peps. 

Une lecture agréable qui permet de découvrir la réalité d’un métier aux multiples facettes, de la plus clinquante à la plus terre-à-terre. A noter que l’album avait déjà été publié il y a quelques dans la collection Marabulles. Il ressort aujourd’hui chez Dargaud, agrémenté de 10 planches inédites et d'une nouvelle couverture.

Le chantier de Fabien Grolleau et Clément C. Fabre. Dargaud, 2024. 130 pages. 21,50 euros.



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mercredi 21 février 2024

Le chien gardien d’étoiles : intégrale - Takashi Murakami

Voilà une intégrale franchement bienvenue tant ce diptyque, publié il y a une douzaine d’années par les éditions Sarbacane, était devenu difficile à trouver, même sur les sites d’occasion.

Dans le premier tome, un homme perd son emploi. Quand sa femme demande le divorce, il se retrouve à la rue avec pour seuls biens sa voiture et Happy, le chien de la famille. Gravement malade, se sachant condamné, il décide de partir pour le sud, dans un dernier voyage avec ce compagnon à quatre pattes qu’il chérit plus que tout. Dans le second tome, on découvre le destin de la sœur d’Happy, récupérée par une vieille dame dans un carton laissé sur le trottoir.

Si la première histoire est d’une infinie tristesse, la seconde se veut davantage positive et lumineuse. Le « papa» d’Happy n’est pas un battant. Il subit les événements mais n’en veut pas particulièrement à la société. Le bouleversement de sa vie sans histoire et de ses habitudes est un élément déclencheur qui le pousse à tout quitter pour partir sur la route, sachant que seule la mort l’attend au bout du chemin. La mamy qui adopte contre son gré le chiot abandonné suit quant à elle un parcours inverse. Acariâtre, percluse de douleurs, ne supportant plus la solitude, elle retrouve le goût à la vie grâce à l’irruption dans son quotidien d’une boule poils qu’elle finira par trouver attachante.

Tenant davantage du roman graphique que d’un manga classique, ce récit tout en finesse et d’une grande humanité a l’intelligence de ne jamais sombrer dans le pathos le plus dégoulinant. Pour autant, nul doute que les plus sensibles ne pourront s’empêcher de verser une petite larme devant ces destins pas épargnés par le malheur.

Le chien gardien d’étoiles : intégrale de Takashi Murakami, Pika, 2024. 320 pages. 20,00 euros.



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