mercredi 27 avril 2022

L’île aux femmes - Zanzim

1915. Céleste Bompard, un as de la voltige aérienne, est chargé par l'armée d'acheminer le courrier du front. Lorsque son avion s'abîme en mer, ce bellâtre trouve refuge sur une île perdue peuplée d'amazones tout sauf accueillantes, même pour un Don Juan dans son genre. Ramené pieds et poings liés à leur campement, l'aviateur échappe de peu au lynchage et devient un esclave relégué aux corvées de lessives et de repas.

Pour le pauvre Céleste, les conditions de détention sont un supplice et le fantasme typiquement masculin du coq de basse-cour est en permanence mis à mal. Difficile de réfréner ses pulsions et de contrôler une libido soumise aux tentations permanentes. Difficile d’être traité comme un moins que rien par ces dames quand on est un séducteur sûr de son charme.


De cette frustration naissent des situations aussi périlleuses que cocasses. Ici le sexe fort n'est pas celui que l'on croit et c'est tant mieux. Le propos se veut féministe, l’humour est grinçant et les clichés des relations hommes-femmes sont passés à la moulinette avec une franche délectation. Et puis le trait n'est pas forcé, il n'y a rien de vulgaire, c'est vraiment savoureux 

Un récit léger au graphisme élégant et un peu désuet. Céleste le dandy dépité est plus sensible qu’il n’y paraît tandis que les femmes à poigne qui lui mènent la vie dure ne s’en laissent pas conter. La fin réserve quant à elle une surprise inattendue, presque touchante, qui clôt l’album en beauté.

L’île aux femmes de Zanzim. Glénat, 2021. 96 pages. 20,00 euros.




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mardi 15 mars 2022

Au poil - Sophie Adriansen

Salomé, quinze ans, est plus préoccupée par ses révisions pour le brevet des collèges que par les poils qui colonisent ses jambes et ses aisselles. Pour sa mère par contre, les problèmes pilaires ne sont pas à prendre à la légère et ils doivent se régler chez l’esthéticienne. Le rendez-vous est pris, et Salomé s’y présente sans imaginer ce qui l’attend. Au final, l’expérience s’avère aussi douloureuse que traumatisante, à tel point point que la jeune fille en ressort avec une certitude : plus jamais ça ! 

Un texte court, plein de fraîcheur et de bonne humeur, qui aborde la question des injonctions « esthétiques » et la difficulté à assumer ses poils dans une société qui prône leur disparition. Le propos est engagé mais respecte les différents points de vue, le cheminement réflexif de Salomé sur la question étant progressif et se révélant frappé du bon sens. Bien sûr Sophie Adriansen n’occulte pas les jugements négatifs et autres moqueries que doit subir la collégienne, bien sûr elle souligne à quel point le fait de passer outre le regard des autres n’est pas une formalité, surtout à l’adolescence. Mais sa narratrice analyse avec pertinence et sans dramatiser à outrance son rapport au corps et aux normes de beauté. Au final, elle défend ses convictions avec une assurance qui force le respect.     

Ne cherchez pas ici de démonstration excessive anti-épilation, le sujet est traité avec une forme de légèreté qui permet de renforcer le propos. Le choix individuel de Salomé n’est pas à prendre comme une invitation militante à suivre ses traces, même si sa prise de position encourage fortement à la réflexion sur une thématique moins anecdotique qu’il n’y paraît.

Au poil de Sophie Adriansen. Magnard jeunesse, 2022. 80 pages. 8,90 euros. A partir de 13 ans.


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mercredi 2 mars 2022

Histoire d’une mouette et du chat qui lui appris à voler - Cever (d'après Luis Sepulveda)

J’avoue, j’y suis allé sur la pointe des pieds. Un dessinateur signant son tout premier album, un éditeur inconnu, un surprenant parti pris du noir et blanc pour un titre qui se veut « jeunesse » et surtout une tentative d’adaptation du merveilleux roman du regretté Luis Sepulveda qui, à mes yeux, reste une œuvre « intouchable ». Bref, tous les ingrédients étaient réunis pour que la déception soit à la hauteur de mes craintes. 

Mais avant de sortir (éventuellement) les crocs, revenons deux secondes sur la magnifique histoire de la mouette Kengah qui, après s’être péniblement extraite d’une nappe de pétrole, se pose sur le balcon de Zorbas, « le chat grand noir et gros ». Un chat auquel elle fait promettre, avant d’expirer son dernier souffle, qu’il ne mangera pas l’œuf qu’elle vient de pondre, qu’il s’occupera dudit œuf jusqu’à la naissance du poussin et surtout, qu’il apprendra à ce poussin à voler. Bien décidé à tenir ses engagements mais ne sachant comment s’y prendre, Zorbas va chercher de l’aide auprès de ses compagnons félins. Ensemble, ils vont tenter de respecter les dernières volontés de Kengah, sans avoir la moindre idée de la façon dont ils doivent procéder.

On ne va pas tourner autour du pot, j’ai été bluffé par cette adaptation, fidèle sur le fond et inventive sur la forme. Graphiquement c’est sublime, le noir et blanc est incroyable, parfois proche d’un Chabouté au meilleur de sa forme, c’est dire. La mise en page est culottée, le découpage hyper dynamique, alternant des cadrages resserrés et des doubles pages époustouflantes, notamment celles représentant la ville et le port d’Hambourg où se déroule l’intrigue. Au-delà de l’esthétique irréprochable, Cever a su restituer à la fois l’humour, la poésie et l’humanité de cette fable débordant d’optimisme et de fraternité. Bluffant je vous dis.

Auteur débutant, éditeur inconnu, noir et blanc virtuose, histoire respectée à la lettre et à l’évidence adaptée avec un amour inconditionnel du texte d’origine, objet-livre d’une qualité remarquable, finalement tous les ingrédients réunis ont accouché d’un album sans la moindre fausse note. Pour un coup d’essai, c’est un coup de maître ! 

Histoire d’une mouette et du chat qui lui appris à voler de Cever (d'après Luis Sepulveda). Éditions Caurette, 2021. 96 pages. 17,05 euros.



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mardi 22 février 2022

Revi3ns - Amélie Antoine

J’avoue, je ne suis pas super fan des romans jeunesse où l’on joue à se faire peur. J’en ai lu quelques-uns dernièrement pour des raisons professionnelles, notamment la collection « Hanté » chez Casterman (des textes vraiment flippants !) ou encore « La maison aux secrets » de Sophie Rigal-Goulard (plus intrigant qu’effrayant mais très bien mené). Avec ce « Revi3ns » d’Amélie Antoine, on est un peu dans un entre-deux, à mi-chemin entre l’intrigant et le terrifiant. Et même si ce n’est pas franchement mon truc, je dois bien reconnaître que je me suis laisser embarquer avec une étonnante facilité.  

L’histoire est pourtant hyper classique, avec un groupe de gamins irrésistiblement attirés par une maison abandonnée depuis des décennies. On dit que les ouvriers chargés de la démolir se sont enfuis après avoir vécu des choses très étranges. On dit qu’une enfant y est morte après un cache-cache qui a mal tourné. On dit que la mère de cette enfant, inconsolable, s’est suicidée en se jetant du premier étage. Bref, il y a beaucoup de légendes et de mystères autour de cette maison et forcément des collégiens curieux vont décider d’aller y jeter un œil. La nuit bien sûr. Parce que c’est plus excitant. Parce que le risque semble plus grand. Parce qu’on ne sait pas où on met les pieds, au sens propre comme au figuré…

Franchement, c’est super bien fait. La forme chorale est bien articulée, les points de vue changeant entre chaque protagoniste offrent une variété de ressentis qui donne de l’épaisseur au récit. Le suspense est bien amené, sans dramatisation à outrance, sans grosses ficelles visibles des kilomètres à l’avance et la tension est bien plus psychologique que frontalement horrifique. Et puis la fin est, comment dire… Diaboliquement surprenante !

Un roman à mettre entre les mains des jeunes lecteurs qui aiment se faire peur. Pour les petites natures un peu trop sensibles, il est préférable de passer son chemin parce que l’air de rien, une telle lecture pourrait les empêcher de trouver le sommeil. 

Revi3ns d’Amélie Antoine. Magnard jeunesse, 2021. 192 pages. 13,50 euros. A partir de 11 ans.



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mardi 25 janvier 2022

Miettes (humour décalé) - Stéphane Servant

C’est la fête de fin d’année au lycée et un ado s’apprête à monter sur scène pour proposer un numéro de stand-up. D’emblée il s’excuse. De ne pas être l’archétype du beau gosse. De ne pas cocher les cases de la virilité qui fait de vous un homme. « Avec son mètre cinquante, ses lunettes, et sa tête d’allumette. » Sans parler de ses bras « comme des bretzels ». Le genre de garçon discret auquel personne ne fait attention. Le genre de garçon que l’on choisit toujours en dernier pour faire son équipe en cours de sport. Le genre de garçon qui déçoit son père quand celui-ci comprend qu’il ne pourra jamais en faire un mec, un vrai. Le ton se veut d’abord léger, mélange d’ironie un poil mordante et d’autodérision bien sentie. Mais peu à peu le propos se durcit, devient accusateur, et tourne finalement à la confession glaçante.

Un monologue en public cathartique, libérateur, à la fois cri de rage, expression de colère et volonté de ne plus accepter les normes d’une masculinité toxique que l’on cherche à imposer dès le plus jeune âge. L'ado voudrait pouvoir revendiquer sa sensibilité sans être marginalisé, il voudrait que volent en éclat les modèles hiérarchiques patriarcaux pour enfin être capable de ne plus faire semblant d’être ce qu’il n’est pas. Le chemin sera long mais ce premier pas l’a au moins libéré d’un poids.

Un texte court, puissant, touchant de sincérité et de maladresse. Stéphane Servant sait appuyer là où ça fait mal, avec l’intelligence et la finesse qui le caractérisent.   

Miettes (humour décalé) de Stéphane Servant. Nathan, 2021. 50 pages. 8,00 euros. A partir de 14 ans


Une pépite jeunesse évidemment partagée avec Noukette !







mardi 11 janvier 2022

Queen Kong - Hélène Vignal

« Si tu veux du sexe sans amour, si tu veux démêler les deux, le temps de comprendre quelque chose, il faut être prêt à payer la note. On te le pardonnera pas. En tout cas si t’es une meuf. »

Elle est cataloguée, elle le sait. Pour eux elle est une fille facile, une fille qui couche avec tout le monde, une belle s…. C'est ce qu'ils disent dans les commentaires qui font vibrer son téléphone à répétition, entre insultes et émojis assassins. La meute est à ses trousses, babines retroussées, l’écume aux lèvres, prête pour la curée. Et pourtant, même si la situation est difficile à vivre, elle préfère être de son côté de l’écran, seule mais libre, tellement plus libre que ceux qui la harcèlent.

Un monologue adolescent cru et percutant pour dire le commencement d’une vie sexuelle active, de la découverte de son corps à la première fois ratée, de la montée du désir à l’explosion du plaisir. Un chemin assumé vers le lâcher-prise, loin des convenances et du qu’en dira-t-on, où il n’est pas nécessaire de se voiler la face pour reconnaître qu’on a le droit d’aimer le sexe et de le pratiquer sans se soucier du regard des autres, même au prix d’un inéluctable lynchage en ligne. 

Le style est simple, direct, désarmant de naturel et de sincérité. La narratrice se livre sans filtre, à la fois forte et fragile, lucide et résignée, sachant qu’assumer ses envies ne fera que lui attirer des ennuis mais sachant aussi que, quel que soit le prix à payer, rien ne pourra lui enlever sa liberté. 

Queen Kong d’Hélène Vignal. Éd. Thierry Magnier, 2021. 82 pages. 12,90 euros. A partir de 15 ans


Une Pépite d'or de Montreuil partagée avec Noukette







mardi 9 novembre 2021

Le Yark - Bertrand Santini et Laurent Gapaillard

10 ans déjà que le Yark est le cauchemar des enfants sages (à moins que ce ne soit l’inverse) et quoi de mieux pour célébrer cet anniversaire qu’une réédition collector absolument magnifique ! 

Pour ceux qui ne le connaissent pas (honte à eux !), le Yark est un monstre poilu. Un ogre méchant comme une teigne qui aime les enfants. « Il adore sentir leurs petits os craquer sous sa dent et sucer leurs yeux moelleux comme des bonbons fondants. » Le problème, c’est que le Yark ne mange que les enfants sages et des enfants sages, il y en a de moins en moins. Du coup, le Yark est sur le point de mourir de faim. Pour trouver des chères têtes blondes comestibles, il lui vient une idée. Qui mieux que le Père Noël pourrait le rencarder ? C’est bien connu, les enfants sages lui écrivent pour avoir des cadeaux. Il suffit donc de récupérer la liste du gros barbu pour connaître les adresses de futures proies toutes plus délicieuses les unes que les autres. Mais de mauvaises surprises en déconvenues, le Yark n’est pas au bout de ses peines…

Comment vous dire ? Il y a quelque chose de jubilatoire dans cette histoire. Parce que le Yark est un méchant à qui il arrive des tas de malheurs et que l’on finit par le plaindre. Parce que les gamins n’ont pas le beau rôle et qu’ils en prennent pour leur grade. Parce c’est drôle, irrévérencieux, et que ça bouscule beaucoup de lieux communs que l’on retrouve dans trop d’ouvrages pour la jeunesse. Parce que les illustrations sont belles, mais pas seulement. Elles participent à l‘ambiance très particulière qui se dégage du récit. Bref, ce livre devenu un incontournable de ces dix dernières années, un petit miracle au succès ô combien mérité qui a enchanté et continu d’enchanter petits et grands lecteurs du monde entier grâce à ses nombreuses traductions.

Pour fêter l’anniversaire du Yark, l’éditeur n’a pas fait les choses à moitié. Grand format, épaisse couverture cartonnée, papier ivoire, cahiers cousus, jaquette avec vernis sélectif et, cerise sur le gâteau, un tiré à part tout simplement somptueux. L’inoubliable monstre poilu possède maintenant un écrin digne de son statut de star, et c’est on ne peut plus mérité.

Le Yark, édition anniversaire de Bertrand Santini et Laurent Gapaillard. Grasset jeunesse, 2021. 80 pages. 17,00 euros. A partir de 8 ans.



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mercredi 3 novembre 2021

A mains nues T2 : 1922-1954 - Leïla Slimani et Clément Oubrerie

Après que son mari, n’ayant pu surmonter le décès de leur fille, se soit suicidé en se jetant dans la Seine, Suzanne Noël se voit proposer de créer le premier club soroptimist de France, une sorte de Rotary club au féminin. A plus de quarante ans, la défense du droit des femmes devient alors pour la chirurgienne plastique mondialement reconnue l’activité principale. Au cœur des années 20, militer pour que les femmes prennent le contrôle de leur vie et de leur corps est un combat difficile à mener et Suzanne Noël va aller porter la bonne parole (et surtout ses compétences chirurgicales) partout autour du globe pour venir en aide à ses sœurs d’infortune, de Berlin à Ceylan, d’Honolulu à Tokyo, de San Francisco à Shanghai.

J’attendais beaucoup de la conclusion de ce diptyque dont le premier tome m’avait emballé, la déception n’en fut que plus grande une fois la dernière page tournée. En fait tout va trop vite, les événements et les voyages s’enchainent, on ne fait que survoler les choses et Suzanne n’apparaît à aucun moment attachante. Il se dégage du récit un sentiment de froideur et de superficialité, on a l’impression de tomber dans l’anecdotique alors que le parcours de cette femme incroyable aurait à l’évidence mérité que l’on s’y attarde avec davantage de profondeur.

Une lecture décevante donc, bien plus frustrante qu’emballante, même si l’hommage rendu par Leïla Slimani et Clément Oubrerie à cette grande femme du 20ème siècle permettra à n’en pas douter de faire connaître au plus grand nombre son fabuleux destin et son impressionnante force de caractère. 

A mains nues T2 : 1922-1954 de Leïla Slimani et Clément Oubrerie. Les Arènes, 2021. 90 pages. 20,00 euros.   











vendredi 29 octobre 2021

Visa Transit T2 et T3 - Nicolas de Crécy

Où l'on retrouve Nicolas de Crécy et son cousin Guy à la frontière entre la Bulgarie et la Turquie. Le début d’un looooong trajet sur les routes poussiéreuses d’un pays qu’ils vont traverser du nord au sud, d’Istanbul à Antalaya. La vieille Visa qui leur sert de véhicule tiendra le choc jusqu’au bout, les nuits passées à la belle étoile ou sur la banquette arrière s’enchainent, la chaleur, la poussière et la crasse leur collent à la peau tandis que le fantôme du poète Henri Michaux, revenu d’entre les morts sous la forme d’un motard casqué, ne cesse d’hanter les rêves de Nicolas. 

J’avais bien aimé le premier tome mais j’avoue qu’avec la suite et la fin de cette trilogie, je suis descendu de plusieurs étages ! J’ai trouvé ça long, tellement long. Le récit n’a rien de bien excitant. Leur voiture est une ruine, les pays et paysages traversés ne retiennent pas vraiment leur attention et la découverte culturelle n’est clairement pas un objectif. Que reste-il alors ? Ben pas grand-chose. Une restitution de voyage très autocentrée, des digressions vers d’autres souvenirs (une résidence d’artiste en Biélorussie, un inventaire des nuits les plus pourries, des vacances d’enfance en bord de mer, une maladie chronique particulièrement douloureuse) pas follement passionnantes, qui ont certes le mérite de casser le rythme soporifique du périple en Turquie mais qui n’ont à aucun moment relancé mon intérêt pour ce que je lisais.

Le problème majeur est que le ton est beaucoup trop sérieux, limite pompeux, limite prétentieux, sans le moindre humour ni la moindre autodérision alors que c’est souvent ce qui fait le sel des carnets de voyage (Julien Blanc-Gras étant par exemple un maître du genre). C’est trop écrit, les cartouches de récitatifs sont bien trop nombreuses et bien trop bavardes, elles alourdissent la narration et finissent par la rendre indigeste. Entre l’ennui et l’agacement, la lecture fut tout sauf un moment de plaisir. Bref, je me suis bien fait ch… 

Et pas qu’un peu.

Visa Transit T2 et T3 de Nicolas de Crécy. Gallimard, 2021. 130 et 150 pages. 22,00 et 23,00 euros.





mercredi 27 octobre 2021

West legends T5 : Wild Bill Hickok

Suite de cette collection consacrée aux légendes de l’ouest qui, après être revenue sur les parcours de Wyatt Eaerp, Billy the Kid, Sitting Bull et Buffalo Bill, s’attarde sur l’emblématique Wild Bill Hickok, soldat admiré de l’Union pendant la guerre civile qui fut ensuite shérif, chercheur d’or et compagnon de route de Calamity Jane. Un as de la gâchette qui mourut d’une balle tirée dans le dos pendant une partie de poker dans un saloon de la tristement célèbre ville de Deadwood en 1876.

Le récit commence en 1869, dans un train. En pleine tempête de neige, ce dernier déraille et les rares survivants de l’accident se retrouvent isolés dans une vallée perdue. Ils ne le savent pas encore mais le danger qui les guette ne vient ni du froid ni des animaux sauvages qui rodent mais plutôt d’un de leur compagnon d’infortune. Wild Bill Hickok, puisque c’est évidemment de lui qu’il s’agit, est monté dans le train pour échapper à une horde de gangsters prêts à tout pour lui faire la peau, sans laisser le moindre témoin derrière eux…

Si les tomes précédents sortaient parfois des sentiers battus, on a ici affaire à un histoire ultra classique avec les innocents malmenés, les gros méchants impitoyables, la chasse à l’homme en milieu hostile et le feu d’artifice final particulièrement sanglant. Seules petites variations, les femmes ne sont pas des victimes désignées et le « héros » n’est pas là pour défendre la veuve et l’orphelin mais pour sauver sa peau. Une forme d’égoïsme plutôt atypique, qui ne rend pas le bonhomme particulièrement attachant mais lui confère un petit côté badass pas déplaisant.

Un western qui respecte à la lettre les canons du genre, sans véritable surprise donc, mais également sans défaut majeur. Ça se lit d’une traite et avec plaisir, même si l’on sait dès le départ à quoi s’attendre. Un album à réserver aux amateurs de grands espaces et des figures mythiques de l’Ouest sauvage. 

West legends T5 : Wild Bill Hickok : forty bastards de Nicolas Jarry et Laci. Soleil, 2021. 56 pages. 15,50.



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