jeudi 15 août 2019

Mer blanche - Roy Jacobsen

Novembre 1944. Un navire allemand transportant des prisonniers russes coule au nord de la Norvège, faisant des centaines de morts. Quelques corps échouent sur la petite île de Barroy. Parmi eux, un des rares survivants du naufrage. Secouru et soigné par la seule habitante des lieux, Ingrid, l’homme est entre la vie et la mort. La jeune femme comprend rapidement que le blessé est russe. Malgré la barrière de la langue, tous deux vont peu à peu apprendre à mieux se connaître. Le début d’une belle histoire, troublée par l’apparition d’un officier allemand qui, venant sur l’île pour récupérer les cadavres des noyés, se demande si Ingrid ne lui cache pas quelque chose.

Je me réjouissais de retrouver l’îlot désolé de Barroy et cette chère Ingrid, personnage central du roman précédent de Jacobsen, Les invisibles. Un roman âpre, rude, mettant en scène une nature sauvage et une famille esseulée vivant au fil des saisons dans un environnement hostile auquel elle restait viscéralement attachée. Mer blanche se déroule 25 ans plus tard. Ingrid est maintenant trentenaire et elle est revenue sur son l’île natale par désœuvrement. L’arrivée du naufragé lui redonne de l’allant, même si elle a conscience que la situation va rapidement devenir intenable et qu’elle ne pourra pas le cacher bien longtemps sur son petit caillou battu par les vents.

Ça aurait pu être grandiose, dans la continuité des Invisibles, mais on en est loin. L’île n’est plus au cœur de l’histoire, ses rares habitants ont disparu et une grande partie de l’intrigue se déroule sur le continent. L’ambiance et le charme si particuliers de la vie sur Barroy ont disparu au profit d’un récit terne aux rebondissements assez convenus. La Norvège occupée et les privations de la population sont bien rendues mais quelques ruptures temporelles dans la narration font perdre le fil. On se demande si l’on est dans le rêve ou la réalité et on peine à remettre les pièces du puzzle dans l’ordre alors que rien ne justifie une construction aussi « alambiquée ».

Non vraiment, cette suite des Invisibles ne m’a pas du tout convaincu. Je partais pourtant confiant, la déception a été à la hauteur de mes espérances. J’en resterais donc sur l’excellente impression laissée par Les invisibles, un roman que je vous recommande chaudement et qui, cerise sur le gâteau, vient de sortir en poche.

Mer blanche de Roy Jacobsen (Traduit du norvégien par Alain Gnaedig). Gallimard, 2019. 260 pages. 21,00 euros.   









12 commentaires:

  1. Ah ben c'est dommage, le résumé me parlait bien. C'était prometteur en effet. Je vais du coup regarder de plus près Les invisibles. Encore un auteur à découvrir...

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  2. Je note donc Les invisibles et j'oublie celui-ci...

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  3. Je l'ai lu il y a peu de temps (et n'ai même pas commencé le billet, d'où une sensation de flou quant à mes souvenirs…), sans avoir lu Les invisibles : j'en garde une impression mitigée… Il va falloir que je m'y replonge pour écrire un billet avant de l'oublier totalement !

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  4. Je l'ai acheté il y a quelques mois (une tentation subite entre la couverture et le résumé !) mais malheureusement vite déchanté. Ni le style, ni le contexte, ni les personnages n'ont réussi à me le faire finir...
    (et en plus j'ai eu une fuite d'eau lors d'un orage, et le livre était complètement imbibé, impossible de le revendre !)

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  5. Ça tombe bien,je suis beaucoup plus tentée par Les invisibles que par celui-ci.

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  6. Je vais donc commencer par Les invisibles, et puis m'arrêter là.

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  7. Oh, j'imagine ta déception ! Passe vite à un autre livre !

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  8. Que tu aimes ou non un bouquin, c'est toujours aussi délectable et réjouissant de te lire!

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  9. Mince alors, le résumé me tentait bien mais ton avis me refroidit complètement.
    Daphné

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  10. Je vais me contenter de retenir Les invisibles.

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