mercredi 28 mars 2018

Le vendangeur de Paname - Frédéric Bagères et David François

Paris, 1912. Des meurtres en série mettent les forces de police sur les dents. Pas le meilleur moment pour une jeune recrue de débarquer au 36 quai des orfèvres. Surtout quand cette recrue n’est autre que le fiston du ministre de l’intérieur et que tout le monde le considère comme un pistonné. Chafouin, le commissaire divisionnaire colle le petit nouveau dans les pattes de L’Écluse, un vieux de la vieille, alcoolique notoire, mis au placard depuis des années. Les improbables duettistes débutent une enquête sur le meurtre d’un caviste qui les mènera, de brasserie en estaminet, à la reconnaissance inattendue de leurs pairs.

Une BD gouleyante, qui se descend d’une traite, à la vitesse où L’Écluse sèche ses verres de rouge. Un bonheur de plonger dans une Belle Époque plus paillarde que chic où les dialogues plein d’argot se dégustent sans modération (avec une mention spéciale à la mère maquerrelle qui promet un velouté de carottes au client lui demandant une fille rousse). Clairement, l’ambiance de l’époque et le bagout des personnages font le sel d’un récit où l’intrigue policière passe rapidement au second plan. Niveau dessin le trait souple et libre de David François restitue un Paris en perpétuel mouvement et croque quelques trognes particulièrement expressives.

Premier tome d’une série dont on a hâte de découvrir la suite, cet album aussi truculent qu’hédoniste froissera les culs serrés défenseurs de la loi Évin et ravira les adeptes de Dionysos et Bacchus (ne me faites pas l’affront de me demander dans quel camp je me range, s’il vous plait !).

Le vendangeur de Paname : Une enquête de L’Écluse et la Bloseille de Frédéric Bagères et David François. Delcourt, 2018. 60 pages. 15,50 euros.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire

Je modère les commentaires pour vous éviter les captcha pénibles de Google. Je ne filtre rien pour autant, tous les commentaires sans exception seront validés au plus vite, promis !