mercredi 6 mars 2024

Orignal - Max de Radiguès


Chaque matin, Joe traîne au petit déjeuner. Il préfère rater le car du ramassage scolaire et se rendre au collège à pied. Une petite escapade à travers bois qui lui offre un peu de répit. Car une fois dans son établissement, le cauchemar commence. Un cauchemar se prénommant Jason. Avec son acolyte Oliver, plus suiveur que meneur, cette brute épaisse fait vivre à Joe un enfer quotidien. Brimades, racket, humiliations, le jeune garçon subit sans broncher les pires affronts. Ses enseignants voient que quelque chose ne tourne pas rond mais Joe préfère garder le silence. Son salut viendra d’une infirmière compréhensive et d’un orignal, une espèce d’élan originaire d’Amérique du Nord (oui parce que cette histoire se passe au Canada).   

Un roman graphique qui aborde intelligemment la question du harcèlement à l’école. Le processus est décortiqué et révèle de façon implacable que le harcelé n’a souvent aucune issue. Mais la fin, des plus surprenantes, prouve une fois de plus qu’il ne faut pas grand-chose pour que les victimes se transforment en bourreau.

Une chose est sûre, ce n’est pas avec son ambiance graphique que cet album séduit. Trait minimaliste, quasi absence de décor, découpage en gaufrier de six cases hyper répétitif, il n’y a pas de quoi s’enthousiasmer esthétiquement parlant. Au moins la narration est fluide, c’est déjà pas mal. De toute façon, l’intérêt est ailleurs.

Orignal, Frangins, Un été en apnée… Max de Radiguès sait mettre en scène avec justesse les affres de l’adolescence. Son récit est simple et touchant, il interpelle le lecteur avec pertinence sur un sujet délicat mais ô combien d’actualité. 


Orignal de Max de Radiguès. Casterman, 2024. 150 pages. 25,00 euros.

PS : publié il y a dix ans en noir et blanc par Delcourt, cet album ressort aujourd’hui chez Casterman dans une version colorisée. Au passage le prix a augmenté de plus de 10 euros. Je veux bien qu’on me parle de l’inflation mais il y a des limites !


Toutes les BD de la semaine sont chez Noukette





14 commentaires:

  1. Je l'ai lu en noir et blanc et je serai curieuse de le voir en couleur. ( par contre pas merci l'inflation !)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je n'ai pas l'impression que la couleur change grand chose finalement.

      Supprimer
  2. dommage pour ce graphisme, il y en a d'ailleurs plus réussies sur ce thème

    RépondreSupprimer
  3. Je suis très sensible aux oeuvres qui traitent du harcèlement scolaire, notamment. Je note le titre et attendrai de le trouver en médiathèque (en raison de l'inflation évoquée!) pour le lire.
    Merci pour le partage.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Les médiathèques sont le meilleur moyen de lutter contre l'augmentation du prix des livres ;)

      Supprimer
  4. Belle inflation en effet. Et vu le graphisme, je ne sais pas si la colorisation vaut la peine.

    RépondreSupprimer
  5. Le sujet semble intéressant (mais j'attendrai de le trouver en médiathèque ;-)

    RépondreSupprimer
  6. effectivement, l'inflation hihihi (mais tu me tentes bien !)

    RépondreSupprimer
  7. Les graphismes ne font pas toujours rêver mais comme tu dis, l'intérêt est ailleurs. Je me suis faite la remarque dernièrement sur un album et au final, ça ne m'a pas dérangée tant que ça car le sujet était intéressant, bien traité, on en oublie les dessins.
    Ah oui, l'inflation a bon dos. Quand je vois le prix des BD de manière générale, ça me désespère un peu ! J'en achète moins qu'à une époque.

    RépondreSupprimer
  8. Le graphisme s'efface devant la fluidité de la narration. Finalement la lisibilité c'est tout ce qui compte dans une BD !

    RépondreSupprimer

Je modère les commentaires pour vous éviter les captcha pénibles de Google. Je ne filtre rien pour autant, tous les commentaires sans exception seront validés au plus vite, promis !