mardi 13 novembre 2018

Le mot d’Abel - Véronique Petit

Dans le monde d’Abel chacun, à l’adolescence, se lève un matin avec en tête « son » mot. Un mot obsédant, chevillé au corps et à l’esprit, qui va forcément conditionner l’avenir professionnel et personnel. Abel est inquiet car il n’a pas encore eu la révélation de son mot. Il rêve d’un grand mot mais craint de ne recevoir qu’un mot insipide qui lui réservera un futur sans saveur. Pire encore, il espère que son mot ne sera pas un mot noir, un de ses mots maudits qui font de vous un tueur, un fou ou un délinquant en puissance.

Depuis que le mot de Clara, la fille la plus populaire du collège, a été inscrit sur le mur des toilettes, l’angoisse d’Abel ne fait qu’augmenter. Révéler le mot de quelqu’un à son insu est une violation de son intimité, un crime sévèrement puni. Pendant que la police mène l’enquête, Abel attend anxieusement son mot. Le jour où il arrive enfin, le jeune garçon comprend que ses rêves de gloire risquent fort de ne jamais se concrétiser...

Je n’ai pas tout compris. Enfin si, j’ai compris le propos, j’ai compris la façon dont cette société où le destin de chacun est façonné par la révélation de son mot fonctionne, mais je n’ai pas compris où l’on voulait m’emmener, je n’ai pas vu l’intérêt. Sans doute parce que je ne suis ni spécialiste ni fan de dystopie. Du coup les inquiétudes et les questionnements existentiels d’Abel me sont passé au-dessus de la tête. Et puis j’ai eu l’impression que le récit ouvrait un tas de portes sans jamais les refermer, que la boucle n’était pas bouclée au final, à tel point que j’ai quitté ce livre en me disant « tout ça pour ça » ?

Le mot d’Abel vient de remporter le prix Gulli, un prix jeunesse décerné par huit personnalités. Des adultes dont le regard d’adulte a pu saisir les enjeux politiques et les références à notre société actuelle. Je me demande si les ados, public cible de ce roman, seront à même d’avoir un regard aussi pertinent sur les différents niveaux de lecture. Pour tout dire j’en doute. Et pour tout dire je ne considère pas vraiment ce titre comme une pépite jeunesse. Ma complice Noukette n’est pas du même avis. Pour une fois nos avis divergent et finalement, ce n’est pas pour nous déplaire.

Le mot d’Abel de Véronique Petit. Rageot, 2018. 190 pages. 12,90 euros. A partir de 14 ans.   
















13 commentaires:

  1. Je file lire le billet de Noukette.
    Si je trouve la prémisse intrigante, je suis plus mitigée sur la réception de son public cible...

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  2. Vos avis divergents donnent envie de se faire son propre avis :)

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  3. ça me rappelle un peu Le passeur de Loïs Lowry, une dystopie aussi, et que j'avais beaucoup aimée.

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  4. C'est le genre de lecture que j'aime... Je vais vite lire Noukette !
    Syl.

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  5. j'ai lu l'avis de Noukette et je me dis que ce roman pourrait plaire à mes ados. J'aime bien l'idée, on est parfois déterminé par des mots qu'on a mis sir vous même si on ne le veut pas.

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  6. Je viens d'émettre un Bofbof chez Noukette. Les ados, j'en côtoie tout le temps, j'en ai un bel exemplaire à la maison et … comment dire,... ça suffit :)

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  7. Je file lire l'avis de Noukette ! J'aime lire des avis différents sur un même livre. Ceci dit, là, comme ça, je ne comprends pas bien le propos... mais bon, je ne suis pas une fan de ce genre littéraire.

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  8. J'ai lu vos deux avis et je ne suis pas très emballé au final...

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  9. C'est malin ! Maintenant on est obligé de le lire !! ;)

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  10. Bien aimé sans plus, l'idée qu'un mot ne peut pas vous définir et qu'il faut être soi-même. Il fait partie du prix ados de mon département, j'attends donc les avis des élèves.

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  11. Tu sembles douter grandement de nos ados.

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  12. J'aime bien les dystopies et le postulat de départ de cette intrigue me parlait bien mais bon, si tu n'es pas si convaincu, je vais passer. Il y en a énormément de ces livres, il faut faire le tri.^^

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  13. Allez, tu fais le ronchon mais je sais que tu as passé un bon moment, avoue ;-)
    Blague à part, je l'ai trouvé fort bien amené moi ce roman, je suis persuadée que les ados vont adhérer et je comprends l'obtention de ce prix !

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