mercredi 20 juin 2012

Martha Jane Cannary 3 : Les dernières années (1877-1903)

Blanchin et Perrissin
© Futuropolis 2012 
« Ma vie… c’est un ramassis de malheurs et de catastrophes. Trop de choses dont je n’ai pas à être fière. Je préfère encore les ragots qu’on colporte à mon sujet. » Cette phrase résume tout le paradoxe et la complexité du personnage. Difficile de faire la part des choses entre Martha Jane Cannary et Calamity Jane. La première est une femme solitaire, dépressive, terriblement fragile. La seconde est un mythe, une image d’Epinal qu’elle a elle-même érigée et qui lui a permis de devenir une figure légendaire de l’ouest.

Ce troisième tome couvre les dernières années d’une vie trépidante. Sans le sou après la disparition du Pony Express, Jane enchaîne les petits boulots, noie son mal être dans l’alcool et multiplie les conquêtes d’un soir. Engagée pour raconter son histoire dans des spectacles itinérants, elle peine certains jours à monter sur scène. Invitée d’honneur des festivités d’Oelrichs City le 4 juillet 1887, elle passe la matinée à faire le tour des saloons et sombre dans un coma éthylique qui aurait pu lui être fatal. Elle décède en 1903, à 51 ans, désespérément seule. 
      
Au-delà du mythe, Perrissin et Blanchin ont tenté de rester au plus proche de la dure réalité. Fieffée menteuse, Calamity Jane aimait s’attribuer des aventures incroyables auxquelles elle n’avait jamais participé, pour le plus grand bonheur des chroniqueurs en mal de sensations fortes. La lecture intégrale de cette remarquable trilogie permet de comprendre comment le mythe s’est construit. Femme libre ayant transgressé les codes de son époque, elle apparaît aussi indépendante et courageuse que sentimentale avec ses nombreux amants. Coquette, elle ne dédaignait pas les belles toilettes et ne s’habillait en homme que lorsqu’elle devait monter à cheval. Sans jamais l’idéaliser, les auteurs montrent avec brio comment elle a pu passer aux yeux de la majorité pour une héroïne flamboyante alors que ceux qui la connaissaient vraiment ne voyaient en elle qu’une vulgaire mythomane analphabète et alcoolique.

Aux pinceaux, Mathieu Perrissin fait encore des merveilles. Ses lavis aux tons sépia sont toujours aussi expressifs et l’ambiance qu’il parvient à distiller tout au long de l’album colle parfaitement à l’époque.
Personnage indomptable, Martha Jane Cannary restera à jamais cette femme éprise de liberté dans un monde où les hommes régnaient en maîtres. Une excellente biographie, idéale pour découvrir cette icône attachante en diable.             


Martha Jane Cannary T3 : Les dernières années (1877-1903) de Matthieu Blanchin et Christian Perrissin. Futuropolis, 2012. 110 pages. 22,50 euros.


Blanchin et Perrissin © Futuropolis 2012



20 commentaires:

  1. Calamity Jane dans une verion "biographie" ? je note !

    RépondreSupprimer
  2. lu le tome 1, tu me fais penser de lire la suite, merci !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ben oui, maintenant que le tryptique est complet, il faut y aller !

      Supprimer
  3. J'ai adoré les deux premiers tomes, me reste à trouver celui là ! hii haaaa ^^

    RépondreSupprimer
  4. J'ai beaucoup aimé le tome 1, Comme Theoma, il me reste à lire la suite maintenant.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu vas maintenant pouvoir lire les trois d'un seul coup et découvrir toute la vie de Calamity.

      Supprimer
  5. Bonjour Jérôme, Ce personnage est fort sympathique mais je ne vais pas noter cette BD.
    A+

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu as bien le droit de ne pas la noter, chacun ses goûts.

      Supprimer
  6. Une "vulgaire mythomane analphabète et alcoolique", rien que ça ? Voilà une biographie qui a l'air de valoir le détour !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. oui, c'est une belle réussite, aucun doute là-dessus.

      Supprimer
  7. J'adore le personnage, son histoire mais le dessin ne m'emballe pas plus que ça.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Le dessin est très particulier, c'est vrai. Pour autant il serait dommage de ne pas partir à la découverte de Calamity Jane juste à cause du dessin^^

      Supprimer
  8. J'ai beaucoup aimé ces 3 tomes. Le personnage de Martha est hyper attachant !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Attachante, envoutante, exaspérante, elle suscite beaucoup de réactions chez le lecteur.

      Supprimer
  9. Oh ça doit être beau ça! ça me dit bien, je note! Merci :D
    Pauline,
    Entre Les Pages: http://areader.over-blog.com/

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, c'est très beau et très bien réalisé.

      Supprimer
  10. Waowww, ça fait envie. J'avais déjà ses lettres à sa fille sur ma PAL, cette trilogie s'en va les y rejoindre...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Surtout que dans ce dernier tome les lettres à sa fille tiennent une place prépondérante. Lire les deux en même temps doit être passionant.

      Supprimer

Je modère les commentaires pour vous éviter les captcha pénibles de Google. Je ne filtre rien pour autant, tous les commentaires sans exception seront validés au plus vite, promis !