C’est l’histoire d’une octogénaire ayant promis à sa mère de
ramener son mari près de lui, dans leur dernière demeure. Une fille déterminée à
réunir ses parents malgré les difficultés. En 2007, une loi sur la « mémoire
historique » a permis pour la première fois une condamnation explicite de
la dictature et la reconnaissance des martyrs du franquisme. Dans cette loi, l'État
s'engageait également à aider à localiser et éventuellement exhumer les
victimes de la répression dont les corps étaient encore disparus. Pepica a
profité de cette opportunité et est parvenue à obtenir la mobilisation d’une
équipe d’archéologues. Grâce à une mèche de cheveux qu’elle a gardée pendant des
décennies, son papa a pu être identifié, et sa dépouille lui être restituée.
Les auteurs montrent à la fois la détermination de Pepica,
le sérieux des archéologues et le manque de volonté d’instances politiques
réfractaires à revenir sur des épisodes douloureux de l’histoire du pays. Le
passé et le présent s’entremêlent, mettant en lumière la figure héroïque de
Leoncio Badia, le gardien du cimetière au moment des exécutions. Prenant tous
les risques pour offrir un minimum de dignité aux suppliciés qu’il enterrait, il
s’évertua également à garder des traces des défunts, ce qui facilitera leur
identification bien après sa propre mort.
Le travail de Paco Roca et Rodrigo Terrasa offre une magnifique réflexion sur le devoir de mémoire et montre à quel point la question de l’héritage de la guerre civile espagnole est un enjeu complexe, relevant aujourd’hui encore d’une forme de « malaise national ». Un album poignant, alliant pudeur, respect et humanité.
L’abîme de l’oubli de Paco Roca et Rodrigo Terrasa.
Delcourt, 2025. 300 pages. 29,95 euros.
des sujets importants, je note ce titre!
RépondreSupprimerIl m'attend... et je m'en réjouis ! Jamais déçue par Roca !
RépondreSupprimerIl y a des sujets importants qui sont souvent très bien traités en BD. cela semble le cas ici.
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