samedi 24 juillet 2021

Ce qui est au-dedans - Sam Shepard

Le narrateur se réveille à 4h00 du matin. Comme chaque jour l’insomnie le tourmente, malgré les somnifères, et le fil de la mémoire se déroule, fragmenté, incomplet, aléatoire. Il pense à son père et à son amante d’à peine 14 ans qui deviendra par la suite son initiatrice. Il pense à son ex-femme qui veut le faire chanter. Il pense à son corps qui le lâche petit à petit, à la solitude dans sa maison isolée du Nouveau Mexique, avec ses chiens pour seule compagnie. Il se rappelle l’Amérique de son enfance, les grands espaces, l’avenir radieux qui s’offrait à lui. Aujourd’hui les coyotes hurlent au crépuscule et la fin du chemin est proche. Le constat est lucide, sans trémolo excessifs, intime mais pudique. 

Dernier ouvrage à l’évidence très autobiographique de Sam Shepard avant son décès en 2017, Ce qui est au-dedans sonne comme un adieu. Malheureusement les courts textes qui le composent forment un patchwork foutraque qui donne l’impression d’être dans la tête d’un vieil homme désorienté, incapable de remettre en place les différentes pièces du puzzle de sa vie. Ça pourrait être touchant mais j’ai trouvé l’ensemble super pénible. Par moment on se dit qu’on tient un vrai début d’histoire mais très vite il part dans une autre direction, vers un autre événement, une autre époque, un autre souvenir. A la longue c’est juste lassant et au final, rien ne ressortant du lot, on s’ennuie ferme. L’écriture n’est pas désagréable en soi, il s’en dégage même une forme de poésie et de mélancolie esthétiquement très plaisante mais cela n’a pas suffi à susciter mon intérêt pour le reste.    

J’ai beau chercher du positif, force m’est de constater que cette lecture n’a rien eu d’agréable, tellement peu marquante que quelques jours après avoir terminé le livre, il ne m’en reste rien de solide en dehors de quelques bribes éparses. Vraiment pas une réussite en ce qui me concerne et c’est bien dommage car avant le coup je pensais que j’allais adorer.

Ce qui est au-dedans de Sam Shepard. Robert Laffont, 2020. 230 pages. 21,00 euros.






17 commentaires:

  1. Cela m'arrive de temps à autre de passer à côté d'une lecture.
    Votre commentaire est intéressant tout comme votre ressenti de lecture. Merci pour ce partage.

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    1. Merci à vous d'avoir pris le temps de rédiger ce commentaire.

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  2. Dommage pour toi, mais rien à noter pour les autres ! ;-) Je te souhaite mieux pour le suivant !

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    1. J'ai trouvé beaucoup mieux depuis, heureusement ;)

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  3. Dans la tête d'un homme qui perd la sienne, je comprends que cela peut être un peu déprimant.

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  4. ah zut ! mais il était pas bien à la fin de sa vie, je l'adore en tant qu'acteur et dramaturge - mais je dois encore lire ses nouvelles. Bon allez, passe au suivant !

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  5. J'apprécie ton honnêteté et je m'interroge sur l'intérêt d'un comité de lecture qui n'est visiblement pas foutu capable d'amender une œuvre qu'il relit. Si le boulot de relecture avait été fait correctement, on aurait alors une œuvre mieux organisée et certainement plus intéressante.

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  6. c'est un gros flop ! Je n'avais pas encore lu cet auteur, je vais m'en méfier maintenant.

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    1. Je pense qu'il a écrit des choses bien plus intéressantes, ça ne fait même aucun doute.

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  7. Oh que ça arrange ma PAL les gros flops !^^

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  8. Ce sera donc sans moi pour celui-là !

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  9. A ne pas noter donc (ouf ! ma pal te remercie ^^), j'essayerai quand même de lire l'auteur mais avec un autre titre !

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