mercredi 28 avril 2021

Celestia - Manuele Fior

Pas un mot sur la 4ème de couv. Pas le moindre résumé à l’intérieur du bouquin. Aucune pagination, pas de chapitres. Une couverture aussi énigmatique que le reste avec deux personnages marchant sur l’eau au milieu de nulle part. Bienvenue dans l’album le plus étrange que j’ai lu depuis des années. On est à Celestia, une île apparemment. Une île qui ressemble à une Venise à l’abandon, une île presque vide, avec quelques habitants masqués, inquiétants. Et d’autres sans masques, beaucoup plus rares. Parmi eux, Pierrot et Dora. L’homme et la femme de la couverture. Ils ont des pouvoirs de télépathie. Ils cherchent à échapper à on ne sait trop qui. Le père de Pierrot voudrait à tout prix mettre la main sur Dora. Dans quel but ? Aucune idée.

Celestia était reliée au continent par un pont. Ce pont, un groupuscule l’a fait sauter pour se protéger de l’invasion. Quelle invasion ? Aucune idée. A un moment, Pierrot et Dora s’enfuient, en bateau. Ils accostent près d’un château occupé par un gardien, la propriétaire et le fils de cette dernière. Ils vivent reclus, se sentent en sécurité, affirment qu’ils n’ont pas peur. Peur de quoi ? Aucune idée.

Quand Pierrot et Dora ont quitté Celestia, j’ai eu l’impression de tenir un truc. Le début de quelque chose de compréhensible. Mais quand le gamin de la proprio, du haut de ses 3 ans, leur a proposé de monter en voiture et de les conduire vers une destination inconnue, j’ai à nouveau perdu pied. Je ne vais pas aller plus loin dans ce résumé décousu, il dit la difficulté de trouver ses marques dans cette histoire dépourvue du moindre repère pour le lecteur. Un lecteur à qui il ne reste pas trente-six options après avoir entamé l’album. Première option : l’abandon. Deuxième option : s’accrocher et chercher absolument à comprendre. Dernière option : se laisse porter, naviguer à vue, accepter le côté irrationnel et se dire qu’on est face à une proposition intellectuelle et artistique difficilement cernable, dans son intégralité en tout cas.

C’est cette dernière option qui s’est imposée à moi au fil des pages. Ok j’ai pas tout compris. Pour être honnête j’ai peut-être même rien compris. Mais le voyage auprès de Pierrot et Dora n’a pas pour autant été désagréable. L’atmosphère vaporeuse, l’ambiance onirique et souvent contemplative, la luminosité du dessin… il se dégage de l’ensemble un charme presque envoutant et assez inexplicable. Impossible de dire si j’ai aimé ou pas, impossible de le recommander à qui que ce soit mais au final impossible de ne pas reconnaître que j’ai vécu une sacrée expérience de lecture.      

Celestia de Manuele Fior. Atrabile, 2020. 272 pages. 30,00 euros.




Les BD de la semaine sont chez Noukette







22 commentaires:

  1. Lire Manuele Fior est toujours une expérience incomparable !

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  2. Bien envie de vivre l'expérience aussi...

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  3. Manuel Fior a au moins le mérite de nous servir du beau. Pour le reste, cela ne prend pas avec moi.

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  4. Bigre, tu m'intrigues avec cette drôle d'expérience ! :D

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  5. J'ai connu une belle surprise avec "Cinq mille kilomètres par seconde" et n'avait pas accroché à "L'entrevue" alors j'avoue que je ne ferai pas une priorité de celui ci mais pourquoi pas :)

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  6. Pour l'instant ma rencontre réussie avec Manuele Fior n'a pas encore eu lieu... J'y suis totalement hermétique...!

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  7. Eh bien, tu m'intirgues ! j'espère la lire et choisir la 3e option comme toi !

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  8. cela laisse perplexe... à voir si je la trouve en bibli!

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  9. L'avis de Moka m'avait refroidie et franchement, je ne suis pas très tentée par l'expérience.

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  10. Je n'aime pas tellement quand le sens échappe à ce point. ;)

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  11. 272 pages d'insaisissable, c'est trop pour que je tente l'expérience.

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  12. si toi tu ne comprends rien, moi je passe mon chemin sans aucun remords ! ;)

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  13. Intrigant ! Pas sûre de vouloir tenter l'expérience mais la tienne fut assez fascinante à lire.^^

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  14. Pas sûre de vouloir tenter cette expérience même si j'avoue être intriguée.

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  15. graphiquement ça l'air très beau, mais le côté incompréhensible de l'histoire me fait un peu peur. Mais je le trouve en bibliothèque je le regarderais par curiosité

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  16. Je tente l’expérience je crois qu’il est à la médiathèque ...

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  17. mouais, je passe mon tour je pense hihihihihi

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  18. Je me souviens de la chronique de Moka, et tous deux, vous me rendez curieuse.
    A te lire, j'ai eu l'impression que l'album transcrivait un rêve...
    Je tenterais bien!

    PS: ton commentaire sous ma présentation BD a été tronqué

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  19. Manuele Fior, c'est toujours une expérience : ça passe ou ça casse...

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  20. je te laisse pour cette expérience qui ne me tente pas du tout.

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  21. alors si Saunders peut bien me "balader" pendant vingt pages, ils sont très peu à le faire, et ton billet ne me dit rien de bon pour cette bd

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