samedi 3 juillet 2021

L’étiquette olympique - Thierry Beauchamp

Avant de devenir un grand cirque médiatique, financier et publicitaire, les Jeux Olympiques sont longtemps restés un paradis de l’amateurisme où l’esprit sportif se détachait de toute arrière-pensée vénale. Entre les premiers jeux olympiques modernes de 1896 à Athènes et la tristement célèbre édition de 1936 à Berlin, les olympiades connurent nombre d’épisodes marquants, plus incroyables les uns que les autres.

Ainsi à Paris en 1900, l’épreuve de tir aux pigeons vivants laissa le bois de Boulogne jonché de cadavres de volatiles et l’atmosphère obscurcie par un nuage de plumes. Toujours à Paris, l’américaine Margaret Ives Abott, pensant participer à un simple tournoi de golf, remporta l’épreuve et s’éclipsa avant que les officiels annoncent les résultats. Elle mourut 55 ans plus tard sans savoir qu’elle avait été une championne olympique.

Quatre ans plus tard à St Louis le vainqueur du marathon, dopé à la strychnine et au cognac, franchit la ligne d’arrivée dans un état délirant, pensant avoir remporté l’élection présidentielle américaine. Au cours de cette même édition le trentenaire George Eyser décrocha six médailles en gymnastique malgré sa jambe de bois. 

L’édition de Londres en 1908 célébra une victoire anglaise en boxe où, après un match nul en finale, le vainqueur fut désigné par le président de la fédération, qui n’était autre que son père. Cette même année le suédois Oscar Swahn, soixante ans, remporta le concours de tir au cerf (rassurez-vous, l’épreuve consistait à tirer sur des cibles mouvantes représentant des cerfs et non sur de véritables animaux, la leçon des pigeons de Paris avait été retenue).

Et que dire de l’édition de Stockholm en 1912, où la finale du tournoi de lutte dura neuf heures et où se tinrent des épreuves d’architecture, de littérature, de musique, de peinture et de sculpture qui rassemblèrent trente-cinq artistes. La baron Pierre de Coubertin s’y vit décerner la médaille d’or de littérature pour un poème en prose vantant les mérites du sport.

Ce recueil à la prose délicieuse regroupe vingt-cinq savoureuses anecdotes olympiques représentatives d’une époque depuis longtemps révolue où l’important n’était pas de gagner. Drôles, instructives et pleines de fraîcheur, ces chroniques signées Thierry Beauchamp démontrent qu’il y a toujours eu bien des façons différentes d’entrer dans la légende du sport.

L’étiquette olympique de Thierry Beauchamp. Wombat, 2021. 96 pages. 13,00 euros.

PS : pour info ces chroniques ont été initialement diffusées sur France Culture durant l'été 2012. Elles sont toujours disponibles en podcast : https://www.franceculture.fr/emissions/letiquette-olympique








12 commentaires:

  1. J'aime bien lire ce genre de livres de temps en temps et là ça reste quand même intéressant à savoir :)

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    1. ça peut être des anecdotes sympa à glisser dans une conversation ;)

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  2. Je crois que je savourerais davantage ces anecdotes en podcast qu'en recueil.:)

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  3. Ca a l'air très sympa. Merci pour la découverte !

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  4. j'ai éclaté de rire à ce passage
    Quatre ans plus tard à St Louis le vainqueur du marathon, dopé à la strychnine et au cognac, franchit la ligne d’arrivée dans un état délirant, pensant avoir remporté l’élection présidentielle américaine.

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    1. Il y a beaucoup de choses hilarantes dans ce petit livre.

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