lundi 19 juillet 2021

Les seigneurs - Richard Price

Bronx, années 60. Richie traîne dans la cité avec ses copains. Ils sont italo-américains, pauvres et désœuvrés. A 17 ans Richie est à la tête de la bande des Vagabonds, un groupe d’ados toujours prêt à se frotter aux autres bandes qui se partagent le quartier. Italien, irlandais, polonais, asiatique ou afro-américain, chaque groupe veut se faire respecter et les occasions d’affrontement sont nombreuses. Au-delà des rivalités ethniques, les Vagabonds doivent composer avec une envie permanente de perdre leur virginité, une scolarité chaotique, des perspectives d’avenir bien ternes, des parents violents, psychotiques et/ou alcooliques et un environnement où l’ennui domine toute autre forme d’activité.

Premier roman de Richard Price publié en 1974 et premier coup de maître. New-York, la zone, les terrains vagues, les bars miteux, la misère et la crasse à chaque coin de rue. Des gamins qui ne pensent qu’à tirer ou boire un coup, qui sèchent les cours et gagnent quelques billets en jouant les arnaqueurs. Les premiers émois amoureux, la baston, la solidarité, la perte des dernières illusions et une amitié qui s’exprime selon des codes bien particuliers sont les thèmes récurrents qui traversent le récit. La violence et le sexe sont très présents mais au-delà de ces aspects les plus frappants, ce roman d’initiation aborde avec beaucoup de justesse passage de l’adolescence vers l’âge adulte.

Chaque chapitre peut se lire comme une nouvelle indépendante mettant en scène un personnage différent mais l’ensemble forme un tout cohérent, cimenté par la colonne vertébrale formée par les membres des vagabonds. Il y a du Selby dans ce roman, certes moins dérangeant et extrémiste que Last Exist to Brooklyn mais l’esprit est le même, tragique, pessimiste, âpre et parfois aussi très drôle. Le décor est identique mais les personnages de Price sont plus attachants et son écriture moins crue, moins radicale. Une plongée pleine d’énergie et de désespoir dans l’Amérique pauvre et urbaine des années 60.

Les seigneurs de Richard Price. 10/18, 2007. 310 pages. 8,10 euros. 







18 commentaires:

  1. Avec ta référence à Last exit to Brooklyn, tu as trouvé l'argument pour me convaincre !

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  2. C'est vrai que ces seigneurs forment un coup de maître de l'auteur. Surtout pour un premier roman. J'en garde un grand souvenir.
    J'ai également aussi poursuivi l'aventure Price avec Ville noire, Ville blanche, un autre très grand cru.

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    1. Ville noire, Ville blanche est dans ma pal. De lui j'ai aussi lu The Whites et Frères de sang.

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  3. très tentant ce que tu dis sur ce roman en forme de presque nouvelles.

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  4. Ah ça fait plaisir de te lire à nouveau sur ce type de roman !

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  5. j'avais trouvé deux de ces titres en Poche - je les ai prêtés à mon beau-père qui m'a dit "bof" et pourtant on a les mêmes goûts du coup, je les ai revenus
    mais sinon, ça fait de bien te lire parlant de livres POUR ADULTES !!

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    1. Je n'ai lu que ça cet été, je vais peut-être enchaîner les billets du coup ;)

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  6. Très tentant, je ne connaissais pas du tout ce roman !

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  7. Du désespoir, de la misère, de la crasse, du miteux, du âpre, du pessimiste, ah oui, là on est en plein dans ton univers de prédilection.^^

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  8. Réponses
    1. M'étonnerait pas que ce soit très autobiographique en tout cas.

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  9. Étant de plus en plus lectrice de littérature américaine, je crois que Price va bientôt atterrir sur mes étagères.

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    1. Eh ben tu sais quoi ? Rien ne pourrait me faire plus plaisir !

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