vendredi 27 avril 2018

Le mangeur de citrouille - Penelope Mortimer

Comme rien ne me convient en ce moment, quitte à passer au travers autant se tourner vers un titre à l’évidence pas du tout pour moi. Soigner le mal par le mal quoi, en se lançant dans un roman britannique de 1962, écrit à la première personne, ultra psychologique et ultra déprimant, sorte d’autofiction avant l’heure. Tout ce que je déteste pour, éventuellement, finir avec un coup de cœur. Ça se tentait, non ? Au point où j’en suis de toute façon.

Mrs Armitage est la narratrice. Elle en est à son quatrième mariage, a une tripotée de gamins (dont on ne connaîtra jamais le nombre), un mari scénariste et un thérapeute qui la gave de médocs. Le jour où elle lui annonce une nouvelle grossesse, son homme la convainc de se faire avorter. Et d’en profiter pour faire en sorte de ne plus jamais avoir d’enfant. Pendant qu’elle souffre le martyre à la clinique, monsieur la trompe avec une de ses amies, qu’il met enceinte. Lorsqu’elle apprend cette liaison, elle plonge dans une profonde dépression. En même temps il y a de quoi…

Un roman très autobiographique. Comme Miss Armitage, Penelope Mortimer a eu pour second mari un scénariste. Comme elle, elle a eu beaucoup d’enfants, comme elle son mari l’a trompée après lui avoir demandé de se faire stériliser. Et comme elle, elle a sombré dans la dépression.

Le texte est glaçant. La voix de Miss Armitage exprime une confession surprenante de lucidité et de sincérité sur son statut de femme trahie, de femme en souffrance, de femme brisée. Elle dit la violence psychologique d’un mari manipulateur, « lâche, fourbe, mesquin, vaniteux, cruel, rusé, négligent ». Elle montre également à quel point elle n’est pas dupe, bien plus résignée que naïve face à la situation. C’est terrible, douloureux, mais on ne va pas se mentir, je n’ai pas été embarqué par cette histoire de couple à la dérive. Beaucoup trop psychologique pour moi, trop névrosé aussi, trop intime.

Pour autant je suis ravi d’avoir découvert une auteure galloise dont je n’avais jamais entendu parler et qui a beaucoup influencé le féminisme britannique des années 60. Une telle lecture, même si elle n’a rien du coup cœur, est loin d’être une perte de temps. C’est déjà pas mal par les temps qui courent.

Le mangeur de citrouille de Penelope Mortimer (traduit de l'anglais par Jacques Papy). Belfond, 2018. 250 pages. 16,00 euros. 















17 commentaires:

  1. je suis en train de le lire mais je fais une pause car effectivement c'est fort mais déprimant et révoltant tout à la fois.

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  2. Tu me parais assez désespéré en ce moment côté lectures ! un bon petit polar te remettrait en selle, mais je connais ton peu de goût pour le genre. Pénélope Mortimer n'est pas pour moi, je pense que je ne la supporterais pas longtemps.

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  3. Pas complètement négatif on dirait? Je ne sais trop quoi te conseiller comme lecture...

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  4. C'était bien tenté ! Mais je comprends que tu sois resté un peu en dehors...
    Quant à moi, je ne note rien, ça me va. ;-)

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  5. Il a tout pour plaire ce mari pffff.... Je ne pense pas que ce soit pour moi.

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  6. Je ne suis pas attirée par ce genre de lecture.
    Tu les choisis comment tes livres ?

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  7. Ben, une découverte que je vais passer, moi aussi ! Mon pauvre Jérôme, il te faut un bon remède, un américain de poids et de choc ? "Dalva" ?

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  8. Je vois que tu sais bien soigner le mal par le mal.

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  9. J'espère que tes prochaines lectures vont te redonner le moral !

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  10. Sapristi, ça ne s'arrange pas, ton affaire. Ta stratégie était bien fondée.
    Pour te remettre en selle, j'ai ce qu'il te faut: prends "Sale boulot" de Larry Brown. Tu sauras m'en remercier!

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  11. J'avais très envie de le lire et j'avais peur que tu le démolisses complètement ! Ton billet n'est pas si catastrophique que ça !

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  12. Le bandeau de couverture aurait dû te mettre la puce à l'oreille... Peut-être que tu n'étais tout simplement pas le public visé ;-)

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  13. Trop névrosé aussi pour moi, je cherche du léger en ce moment et je te conseille "La Daronne" (avis chez Aifelle), je me suis régalée ainsi qu'avec la saga napolitaine d'Elena Ferrante dans un autre genre mais qui pourrait t'accrocher, j'dis ça j'dis rien...

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  14. Haha, tu espérais quand même le miracle. Non, non, ne rien attendre du tout de tes lectures.;-) Juste lire, et bon, ne pas trop tenter le diable quand même. Des risques mais en connaissant tes limites. Bon, ce n'est pas si négatif que ça au final mais tu cherches quand même le coup de coeur. Ça marche pas, ça.^^

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  15. quelle horreur! le bonheur des femmes est vraiment une longue lutte , moi quand je déprime je recherche plutôt des livres qui font du bien ou des classiques, mais ça ne marche pas toujours.

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  16. ***pour, éventuellement, finir avec un coup de cœur***
    C'est la magie de la littérature.

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  17. J'adore les raisons de ton choix. Allez, le soleil va bientôt revenir !

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